Posé au sol devant la devanture d’une librairie-papeterie d’un quartier de la banlieue de Beyrouth, un petit générateur accueille de son vrombissement entêtant les clients de Zeina, la propriétaire. Elle l’a mis en marche le temps de pouvoir fournir un paquet de photocopies réclamé par un client. «Voilà à quoi nous en sommes réduits, sans électricité, sans Etat!», peste-t-elle, en agitant un éventail devant son visage, «même pendant la guerre civile, le pays n’était pas dans cet état de délabrement». Cinq minutes plus tard, cette femme d’une cinquantaine d’années s’engouffre, lampe frontale allumée, dans son dépôt plongé dans l’obscurité, pour récupérer une commande de livres scolaires pour une cliente.