Pour Rosie Zanbaa et son mari, un jeune couple parent de deux garçonnets, Charbel, 2 ans, et Cristiano, 2 mois à peine, la lutte pour la survie est quotidienne depuis la double explosion au port de Beyrouth, le 4 août 2020. Cette famille vit à Bourj Hammoud, un quartier populaire dans la périphérie de la capitale. Il y a un an, leur appartement a été soufflé, comme des milliers d’autres, par l’incroyable déflagration, causée par l’explosion d’une cargaison de plus de 2750 tonnes de nitrate d’ammonium, entreposées dans le port depuis des années. Rosie, qui se trouvait dans la rue avec son fils, a eu le réflexe de le pousser in extremis. Sans elle, son petit corps d’enfant aurait été criblé d’éclats de vitres brisées, transformés par l’explosion en milliers de projectiles meurtriers