L'un des confinements les plus stricts au monde - qui s'accompagne d'un couvre-feu permanent et d'une fermeture des commerces - est entré en vigueur au Liban le 14 janvier et devrait durer jusqu'au 8 février. Cette situation ainsi que la grave crise économique qui touche le pays ont conduit à des affrontements. De nombreuses personnes ont été blessées ce soir, alors que ces affrontements avaient lieu pour la troisième soirée consécutive. 

Selon l'agence nationale d'information, 226 personnes ont été blessées: 102 ont été soignées ou transportées vers les hôpitaux de la ville par la Croix-Rouge libanaise et 124 autres par les secouristes de l'Association médicale islamique. Au total, 66 personnes ont été hospitalisées. Sur Twitter, les forces de l'ordre ont fait état de neuf blessés dans leurs rangs, dont un officier dans un état grave.

Les affrontements ont commencé dans l'après-midi lorsque les protestataires ont lancé des cocktails molotov et des pierres sur les forces de l'ordre qui ont répliqué avec des tirs de gaz lacrymogène, selon une correspondante de l'Agence France Presse (AFP) sur place. Des manifestants en colère ont tenté de pénétrer à l'intérieur du siège du gouvernorat du Nord, tandis que d'autres se sont rassemblés sur la place al-Nour, l'un des lieux phares des manifestations monstres qu'avait connues le pays à l'automne 2019 contre la classe dirigeante à travers l'ensemble du pays.

«Quel que soit le prix»

«Nous sommes ici pour demander de la nourriture, les gens ont faim», a lancé Mohamad Ezzedine, un manifestant de 20 ans. «Il est temps que les gens descendent dans la rue», a-t-il ajouté. «Nous avons pris la décision de poursuivre notre action, quel que soit le prix (...) car nous n'avons plus rien à perdre», a renchéri un manifestant cagoulé. «Nous vivons dans des conditions misérables. J'ai frappé à toutes les portes, mais n'ai trouvé aucun emploi», a ajouté un chômeur de 25 ans.

Mardi soir déjà, des affrontements entre manifestants d'une part et forces de l'ordre et militaires d'autre part avaient déjà fait 45 blessés, contre 30 la veille, selon la Croix-Rouge libanaise.

Aggravation des conditions de vie

Tripoli était déjà l'une des villes les plus pauvres du Liban avant la flambée du nouveau coronavirus et les divers confinements décrétés par les autorités en près d'un an, qui ont aggravé les conditions de vie de ses habitants. De nombreux résidents, notamment des journaliers, se sont retrouvés sans revenu depuis le début du dernier confinement. Outre la situation sanitaire, le Liban est englué dans sa plus grave crise économique avec une dépréciation historique de sa monnaie, une hyperinflation et des licenciements massifs. La moitié de la population vit désormais dans la pauvreté, face à une classe dirigeante accusée d'être aux abonnés absents.

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Jusqu'ici limité à la seule ville de Tripoli, le mouvement de protestation anti-confinement s'est étendu mardi et mercredi soir, des manifestants bloquant certains axes routiers dans d'autres régions du pays. Le petit pays de six millions d'habitants a recensé jusqu'ici 289.660 cas, dont 2.553 décès. Alors que le secteur hospitalier subit une forte pression avec l'explosion du nombre de contaminations au Covid-19, les autorités cherchent à augmenter le nombre de lits disponibles pour les personnes infectées.

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Le pays avait connu à l'automne 2019 un mouvement de contestation inédit par son ampleur contre une classe dirigeante accusée d'être corrompue, incompétente et indifférente. La contestation s'était progressivement tassée avant de s'estomper totalement avec la propagation du Covid-19 et les confinements imposés par les autorités. Le pays attend toujours un nouveau gouvernement depuis août, faute d'entente entre les partis au pouvoir, et ce malgré une forte pression locale et internationale.

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