Le Premier ministre britannique demande la libération des quatre employés encore détenus

Gordon Brown a appelé lundi l’Iran à libérer les quatre employés locaux de l’ambassade de Grande-Bretagne arrêtés à Téhéran, jugeant leur détention «inacceptable» et «injustifiable».

■ Une enquête sur la mort de Neda

C’est Mahmoud Ahmadinejad qui l’a demandée, selon l’agence officielle Irna. «En tenant compte de tout ce qui a été dit autour de cet incident douloureux, du chantage des médias étrangers et d’autres nombreux signes, l’intervention des opposants et des ennemis pour utiliser politiquement (cette affaire, ndlr) et ternir l’image de la République islamique apparaît évidente», pour le président réélu. La justice doit donc examiner ce meurtre, identifier et juger les responsables de ce crime et informer l’opinion publique.

Arash Hejazi, un médecin qui a affirmé avoir tenter de sauver la jeune femme, a récemment déclaré à la BBC que peu après qu’elle eut été touchée par balle, les manifestants avaient identifié le tireur, qui serait un membre de la milice islamique des bassidjis. Un version rejetée par les médias officiels et des responsable, pour qui l’incident a été monté de toutes pièces par les ennemis du régime.

Le quotidien ultraconservateur Vatan Emrouz, fidèle soutien de M. Ahmadinejad, est même allé jusqu’à affirmer que le correspondant de la BBC Jon Leyne, expulsé du pays la semaine dernière, avait «payé un voyou pour tuer quelqu’un pour son documentaire».

■ Cinq libérations

L’annonce a été faite ce matin par le porte-parole des Affaires étrangères, selon qui quatre personnes sont toujours interrogées. Des informations contradictoires ont fait état de huit ou de neuf arrestations, hier.

Le ministre iranien du Renseignement, Gholam Mohseni-Ejei, avait expliqué hier que «l’ambassade de Grande-Bretagne a joué un rôle important dans les récentes émeutes» qui ont suivi le scrutin du 12 juin. «Elle envoyait son personnel parmi les émeutiers pour les guider afin d’intensifier les émeutes», selon le ministre. Des faits démentis par le Foreign office à Londres qui a appelé à la libération de ses employés dès hier.

Ce lundi, le ministère des Affaires étrangères a aussi déclaré que l’Iran n’avait pas l’intention de fermer des ambassades, comme il l’a été un moment craint la semaine dernière, lors de l’expulsion de deux diplomates britanniques.

■ Recomptage partiel

L’instance électorale suprême, le Conseil des gardiens (de la Constitution), a commencé le comptage de 10 pour cent des urnes de l’élection du 12 juin, selon la chaîne de télévision nationale Al-Alam. L’opération devrait être terminée cet après-midi et le résultat publié d’ici vingt-quatre heures. Une proposition de Mir Hossein Moussavi «serait à l’étude» pour trouver une sortie de crise, selon le porte-parole du Conseil.

Suite à la contestation des résultats de l’élection du 12 juin, qui donnaient une majorité de 63% des voix au président sortant Mahmoud Ahmadinejad dès le premier tour, le Conseil avait proposé, sur les conseils du guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei, un recomptage de 10% des urnes afin de répondre à ces accusations.

Vendredi, il avait donné 24 heures aux trois candidats contestataires, Mir Hossein Moussavi, Mehdi Karoubi et Mohsen Rezaie, pour nommer des représentants censés assister au recomptage.Mir HosseinMoussavi a refusé toute légitimité au Conseil sur le sujet et exigé de nouvelles élections, M. Karoubi a estimé que le recomptage était insuffisant et qu’une enquête devait porter sur tout le processus électoral, et M. Rezaie s’est dit prêt à participer à l’opération à condition que les deux autres candidats le soient.

La chaîne Al-Alam a constaté que «ni M. Moussavi ni M. Karoubi n’ont envoyé de représentants pour le recomptage». Elle n’a pas précisé ce qu’il en était de M. Rezaie.