Le retour du FDP en «faiseur de rois»

A la troisième tentative, pari enfin réussi pour le patron du FDP, Guido Westerwelle. Les libéraux retrouvent le pouvoir et leur rôle de «faiseurs de rois» qui leur avait durant des décennies permis de faire pencher la balance entre les conservateurs et les sociaux-démocrates. Hier soir, la foule a fait sauter les bouteilles de champagne au siège du parti dans une ambiance euphorique.

A 47 ans Guido Westerwelle devrait retrouver le poste de ministre des Affaires étrangères abandonné il y a dix-huit ans par le dernier grand homme du parti, Hans-Dietrich Genscher, 82 ans, que l’on pouvait voir aux côtés du futur vice-chancelier. Le futur numéro deux du gouvernement a promis un «système fiscal équitable, d’améliorer les chances en matière d’éducation et de défendre les libertés individuelles». Mais il sait bien que sa capacité à imposer un changement de ligne politique est d’autant plus faible qu’il a trop promis à ses troupes de revenir au pouvoir pour demain jouer les partenaires difficiles.

Non seulement le FDP revient au pouvoir, mais il obtient aussi le meilleur score de son histoire, près de 15%, alors même que l’Allemagne est plongée en pleine crise économique. Le FDP attire les jeunes cadres, les jeunes urbains et les couches moyennes qui se sentent abandonnées par les conservateurs ou le SPD. Dans une société allemande toujours plus hédoniste où la réussite personnelle est en passe de supplanter les valeurs de solidarité, le succès des libéraux n’a rien d’étonnant. Alors que la grande coalition s’enfonçait dans les compromis et lassait les électeurs, le FDP a su habilement jouer de son rôle de parti d’opposition avec un langage clair. Des recettes simples, facilement identifiables, voilà la recette. Selon Jürgen Rütt­gers, numéro deux de la CDU, le FDP a profité de la lassitude des gens envers la grande coalition. Mais attention a prévenu le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, «si nous allons avec les libéraux relancer la croissance, ce n’est pas la porte ouverte au néolibéralisme. Le cœur du système économique allemand doit rester l’économie sociale de marché».

Depuis 2001 qu’il est aux commandes du FDP, l’ex-avocat rhénan Guido Westerwelle en a fait le parti de la baisse fiscale. Même si chacun sait que face à l’abîme de dettes publiques les promesses électorales ne seront pas tenues. Mais le FDP a attiré des électeurs conservateurs déçus par la ligne d’Angela Merkel.

Par ailleurs Guido Westerwelle a su rajeunir son parti, l’orienter sur la défense des libertés individuelles, contre la surveillance des ordinateurs personnels et de l’Internet par l’Etat. Il affiche sans ostentation son homosexualité, qui ne pose aucun problème aux Allemands.