Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Les ministres européens des Affaires étrangères ont prolongé l’opération «Sofia», mission navale européenne dans la Méditerranée, d’une année.
© Virginia Mayo

Méditerranée

La Libye demande l’aide de l’Union européenne

Les chefs de la diplomatie ont donné leur feu vert à l’élargissement du mandat de la mission navale «Sophia» de lutte contre les passeurs de migrants. Celle-ci s’étend au trafic d’armes par voie de mer

La lettre tant attendue des autorités libyennes est arrivée à Bruxelles dimanche. Fayez el-Sarraj, le chef du Gouvernement d’union national (GNA) formé le mois dernier, appelle formellement l’Union européenne (UE) à l’aider en matière de formation des gardes-côtes et des forces de sécurité. Un appel qui correspond précisément aux objectifs de Bruxelles: une présence en Libye lui permettrait de lutter contre la migration clandestine vers l’Europe et de combattre l’Etat islamique qui gagne du terrain à quelques centaines de kilomètres d’Europe.

Lire aussi: Trente-deux membres du gouvernement d'union lybien tués dans des violences

Du coup, réunis lundi à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont prolongé l’opération «Sofia», mission navale européenne dans la Méditerranée, d’une année. «L’UE contribuera à assurer la sécurité des autorités légitimes libyennes», a déclaré Federica Mogherini, la cheffe de la diplomatie européenne, à l’issue de la réunion hier soir. «Les préparatifs commencent dès à présent et les détails seront fournis ces prochains jours.» Les forces navales européennes aideront aussi la Libye à combattre le trafic d’armes par voie de mer.

Une situation instable

«Certains Etats, l’Italie et le Royaume-Uni en tête, ne cachent pas leur empressement pour entrer en action, explique un diplomate européen. Mais il n’est pas question d’y aller la tête baissée.» En effet, la situation dans le pays est très instable. Le gouvernement d’union ne contrôle qu’une partie du territoire. A l’est, le général Khalifa Haftar, qui conteste l’autorité de Fayez el-Sarraj, s’est dit opposé à toute intervention militaire étrangère. Ses troupes tentent à présent de déloger les djihadistes de Daech de la ville côtière de Syrte. Le général qui avait tourné le dos au régime du colonel Kadhafi est soutenu par Le Caire. Des sources diplomatiques et des médias indiquent qu’il est aussi un interlocuteur des Européens et des Américains.

Des diplomates libyens se rendent aussi compte de la complexité de la situation. Farida Allaghi, ambassadrice auprès de l’UE, a démissionné de son poste vendredi pour protester contre la diplomatie de guerre engagée par Fayez el-Sarraj. Pour sa part, Wafa Bugaighis, chargé d’affaires en poste à Washington, a mis en garde contre un nouvel échec d’une intervention étrangère. Il a rappelé qu’un récent programme américain de plusieurs millions de dollars n’a formé qu’une poignée de militaires, mais surtout que des armes fournies par les Etats-Unis se sont retrouvées aux mains des djihadistes. «La prudence s’impose», dit-il dans le Washington Times d’hier.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo monde

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

Cela faisait 5 ans que le pays adepte des grandes démonstrations de force n'avait plus organisé ses «jeux de masse», où gymnastes et militaires se succèdent pour créer des tableaux vivants devant plus de 150 000 spectacteurs. Pourquoi ce retour?

La Corée du Nord organise le plus grand show du monde. Mais pourquoi?

n/a