Des dizaines de roquettes s’abattent sur la capitale libyenne Tripoli depuis lundi. Les forces loyales au Gouvernement d’union nationale (GNA) se sont emparées des deux villes côtières de Sorman et Sabratha, respectivement à 60 et 70 km à l’ouest de Tripoli, à mi-distance entre la capitale et Ras Jedir, à la frontière avec la Tunisie. Elles ont ensuite repris le contrôle d’autres petites villes plus au sud, dans un nouveau revers pour le maréchal Haftar, homme fort de l’est libyen, privé désormais de tout accès à la côte ouest du pays.

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Khalifa Haftar accusé de vouloir se «venger»

Depuis, les explosions de roquettes retentissent sans interruption dans la capitale libyenne notamment dans le périmètre de l’aéroport de Mitiga, dans la banlieue-est, où des maisons ont été endommagées. Un dernier bilan des services de secours fait état d’un blessé lundi soir. Aucun autre bilan n’a été rendu public depuis.

Les forces du GNA, basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, ont accusé les forces du maréchal Khalifa Haftar de vouloir «venger» la perte des villes de l’ouest libyen en bombardant la capitale. «Les milices criminelles et les mercenaires (du maréchal Haftar) ont déversé leur colère sur les quartiers de Tripoli pour venger leur défaite, tirant des dizaines de missiles et de roquettes sur la capitale sans discrimination», a indiqué lundi soir Mohamad Gnounou, porte-parole des pro-GNA.

Plus de huit ans de conflit

Les explosions ont continué à résonner toute la nuit et mardi matin, selon des journalistes de l’AFP sur place. Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est plongée dans le chaos. Deux autorités se disputent le pouvoir: le GNA et un gouvernement parallèle dans l’Est contrôlé par Khalifa Haftar.

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Le conflit a été exacerbé au fil des mois par les ingérences armées étrangères, avec notamment les Emirats arabes unis soutenant le maréchal Haftar, et la Turquie appuyant le GNA. Des combats se déroulent encore aux portes de la capitale mais aussi dans d’autres régions de l’ouest libyen.