Les pays arabes ont entamé mardi à Alger un sommet de deux jours. Ils doivent notamment réitérer leur offre de paix à Israël en échange de l'évacuation de tous les territoires occupés en 1967 et de la création d'un Etat palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale. C'est à l'initiative de la Jordanie que les pays arabes s'apprêtent à reformuler cette proposition de paix qui remonte au sommet de la Ligue arabe à Beyrouth, il y a trois ans. Mais, ayant vu son projet durci par les ministres des Affaires étrangères, le roi Abdallah boude la réunion.

Le sommet rassemble les souverains et présidents de 13 des 22 membres de la Ligue, à l'exception, outre du roi Abdallah, des émirs de la quasi-totalité des souverains du Golfe ainsi que du président libanais, Emile Lahoud, retenu chez lui par la crise politique. Le dirigeant libyen Muammar Kadhafi et le roi du Maroc, Mohammed VI, ont quitté la salle du sommet avant la fin de la séance inaugurale.

Le président syrien, Bachar al-Assad, en revanche, est présent à Alger, où il attend l'expression de la solidarité de ses homologues face aux pressions américaines. Toutefois, l'opposition libanaise a adressé un mémorandum au sommet, dans lequel elle fait assumer à la Syrie la responsabilité de la crise libanaise et réclame un retrait complet des troupes syriennes avant les législatives prévues en mai.

Les dirigeants arabes doivent approuver une version abrégée de l'«initiative de Beyrouth» pour envoyer au monde le signal de leur bonne volonté. Mais les conditions qui accompagnent cette offre de paix ont d'ores et déjà été rejetées par Israël. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, participe également au sommet. Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Hani al-Moulki, s'est néanmoins félicité que le sommet s'apprête à rappeler que l'initiative de Beyrouth restait d'actualité. Le porte-parole de la diplomatie européenne, Javier Solana, invité à la séance d'ouverture du sommet, a dit y déceler une évolution positive, l'estimant «très constructive, plus que jamais auparavant», parce qu'«on ne peut oublier les positions antérieures de la Ligue arabe».

Pas de «leçon de démocratie»

Les réticences de certains pays arabes devant la rédaction, plus avenante pour Israël, de la proposition d'Amman, censée prendre en compte un contexte palestino-israélien plus favorable que jamais, sont essentiellement dictées par leur crainte de voir l'Etat juif chercher à normaliser ses relations avec eux sans rien offrir en échange.

Par ailleurs, les dirigeants marocain, le roi Mohammed VI, et algérien, Abdelaziz Bouteflika, hôte du sommet, ont développé l'idée que les pays arabes réformeront à leur rythme et «n'acceptent pas les leçons de démocratie des autres».