Près d'une dizaine de vols relient quotidiennement l'île Maurice à La Réunion, à 150 km au sud-ouest. Les voyageurs sont, pour la plupart, des touristes réunionnais ou français qui viennent passer quelques jours sur les plages mauriciennes, ainsi que des commençants faisant des échanges entre les deux îles. Résultat: quelques semaines après avoir fait son apparition à La Réunion, le virus a débarqué à Maurice. Cinq patients ont été reconnus «chikungunya positifs» au début du mois. Vendredi, 926 cas étaient confirmés et 2553 cas considérés comme suspects. Sans compter un mort, un aide-soignant de 33 ans la semaine dernière. Son cerveau fait actuellement l'objet d'examens poussés dans un laboratoire suisse. La presse mauricienne de ce week-end craint un deuxième mort, un enfant de 6 ans.

En ce début d'année, la chaleur est exceptionnelle, jusqu'à 35°. Et il pleut des cordes. Les flaques d'eau stagnante se multiplient: un paradis pour les moustiques, vecteurs du virus. Après avoir sous-estimé ou délibérément minimisé les risques de contagion avec l'île-sœur, les autorités mauriciennes viennent de lancer une campagne de démoustication. Dans le commerce, les produits anti-moustiques sont épuisés. La population commence à avoir peur.

A Port Louis, le gouvernement réalise les conséquences d'une propagation plus large de la maladie, notamment sur le tourisme, pilier de l'économie. Mais, en l'absence d'informations officielles précises, la presse nationale et étrangère a parlé d'épidémie dans l'ensemble de la région. Les demandes d'information de la part des agences de voyages européennes se font de plus en plus pressantes. Selon la presse mauricienne, des annulations commencent à être signalées pour mars et avril, deux mois importants pour la saison touristique.