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Commentaire

L’image ternie de Westminster

Westminster a été longtemps regardé comme l’une des institutions les plus honorables et les plus symboliques de la démocratie libérale occidentale. Le parlement britannique a certes connu des dérapages par le passé, mais il s’est la plupart du temps posé en garant de l’éthique politique. Le scandale des notes de frais qui vient d’éclater outre-Manche peut être considéré comme banal au vu des pratiques courantes dans certains systèmes politiques européens. Dans le contexte britannique toutefois, il équivaut à un tremblement de terre. Editorialiste au quotidien «The Independent», Steve Richards ne s’y trompe pas: «C’est un moment dangereux pour la démocratie parlementaire. La saga des notes de frais des parlementaires est l’histoire politique la plus explosive de ces dernières années.» Même si les politiciens concernés se sont livrés à des contorsions pour se justifier, la question qui émerge de ce scandale est moins la légalité de ces notes, qui semble dans la plupart des cas reconnue, mais l’éthique et la morale politique.

Les raisons de ce scandale ne sont pas simples à identifier, mais certaines d’entre elles sont manifestes. Au cours des années Blair (1997-2007), l’individualisme s’est fortement développé dans la société, mais aussi au sein de la classe politique. La notion de «chose publique» et de biens communs s’est en partie délitée. La pratique des «spin doctors» et de l’agitation médiatique a aussi contribué à désintéresser le citoyen britannique des «affaires de Westminster», comme si la Chambre des Communes et celle des Lords étaient des institutions détachées du quotidien. Aujourd’hui, le fait qu’aussi bien les travaillistes au pouvoir que l’opposition conservatrice sont tous deux impliqués dans le scandale est la caricature de l’image qu’a la classe politique en Grande-Bretagne. Une image très négative.

Dans un pays qui traverse la plus grave crise économique depuis les années 1930, les conséquences de ce scandale pourraient considérablement nuire à la crédibilité de ceux qui doivent trouver des solutions pour sortir de la crise. Comment vanter les mérites de telle ou telle politique quand on a soi-même utilisé toutes les brèches du système pour son profit personnel? Pour redonner confiance à un électorat abandonné, la classe politique britannique n’aura d’autre choix que prôner et appliquer un code d’éthique digne de ce nom. Sans quoi ce sont les partis extrémistes du British National Party ou du UK Independence Party qui profiteront de ce triste épisode.

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