Parce que «ceux qui mentent, ceux qui font défaut doivent être condamnés par la justice»: Nicolas Sarkozy a porté plainte lundi contre Mediapart. Le Parquet de Paris a annoncé en soirée l’ouverture d’une enquête notamment pour «faux et usage de faux».

Le site d’information en ligne a publié samedi dernier une note, datée de décembre 2006, selon laquelle la Libye de Kadhafi s’engageait à financer à hauteur de 50 millions d’euros la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy. Moussa Koussa, l’ancien responsable des renseignements libyens, exilé au Qatar, et présenté par Mediapart comme le signataire de ce texte, évoque des «histoires falsifiées». L’avocat français de Bachir Saleh, l’ancien chef de cabinet du dictateur, a pour sa part démenti que son client ait été, comme l’affirme Mediapart, présent au moment de la signature de ce document.

Le Canard enchaîné a récemment révélé que ce ponte du régime déchu séjournait en France, dans des circonstances brumeuses: il est visé par une «notice rouge» d’Interpol en vue de son extradition vers la Libye pour «fraude», mais sous le nom de Bashir al-Shrkawi. D’après le premier ministre François Fillon, il serait aussi protégé par une immunité diplomatique car il disposerait d’un «passeport diplomatique du Niger», une information qui n’est plus en vigueur, selon Niamey.

Pour densifier l’écheveau franco-libyen, Les Inrockuptibles affirment avoir consulté des «dossiers confidentiels» montrant que Nicolas Sarkozy aurait obtenu du colonel Kadhafi la libération des infirmières bulgares moyennant un accord secret de coopération nucléaire. Affaire à suivre mercredi, dans la prochaine édition du magazine.