L’essentiel

Jusqu’au 31 octobre, les étudiants des hautes écoles vaudoises qui ne sont ni vaccinés ni guéris pourront continuer de se faire tester pour assister à leurs cours en présentiel.

L’OMS estime que six cas de covid sur sept passent sous les radars en Afrique.

La congestion des ports au niveau mondial qui contraint plusieurs porte-conteneurs à se dérouter de l’Angleterre vers des ports européens va durer encore 6 à 9 mois.

Au Québec, le personnel de santé a jusqu’au 15 novembre pour s’immuniser contre le Covid-19.

Des millions de travailleurs demandent à Guy Parmelin de renoncer à la protection des brevets sur les vaccins.

Les tournois de golf masculin et féminin de l’Open d’Australie sont annulés.

Retrouvez notre suivi de la journée de mercredi.

 


■ Des ONG mettent en garde contre une grave crise des inégalités en Afrique de l’Ouest

Deux ONG ont mis en garde jeudi contre le risque de la «pire crise des inégalités depuis des décennies» que menacent de provoquer les Etats d’Afrique de l’Ouest en pratiquant des coupes drastiques dans leurs dépenses publiques pour compenser l’impact du Covid-19.

Quatorze pays ouest-africains sur 16 «prévoient de réduire leurs budgets nationaux d’un montant de 26,8 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années, afin de combler en partie les pertes de 48,7 milliards de dollars subies par en 2020 dans la région des suites de la pandémie de Covid-19», disent Oxfam et Development Finance International dans un communiqué publié à l’occasion de la sortie d’un nouveau rapport.

«Cette ponction massive sur les finances publiques pourrait plonger des millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté et la faim et pourrait déclencher la pire crise des inégalités depuis des décennies», affirment les deux organisations britanniques luttant contre la pauvreté.


■ Tests gratuits dans les hautes écoles vaudoises jusqu’à la fin du semestre

Les étudiants des hautes écoles vaudoises qui ne sont ni vaccinés ni guéris du Covid-19 pourront continuer de se faire tester pour assister à leurs cours en présentiel. La mesure, d’abord valable jusqu’au 31 octobre, a été prolongée pour l’entier du premier semestre (examens compris), soit jusqu’à début février. Le Conseil d’Etat a pris cette décision pour permettre «un déroulement du semestre selon des dispositions stables», indique-t-il jeudi dans le résumé de ses décisions hebdomadaires. L’attestation est remise aux étudiants «sous réserve de leur participation aux dispositifs de testing déployés dans les institutions», précise-t-il.

Pour mémoire, les hautes écoles vaudoises ont mis en place depuis octobre un système permettant d’effectuer gratuitement des tests salivaires groupés. Ceux-ci donnent droit à une attestation renouvelable chaque semaine. Toutes les hautes écoles publiques ou privées subventionnées du canton sont concernées, dont l’UNIL, l’EPFL, la HEP, l’ECAL, l’Ecole hôtelière, la HEIG-VD et la HESAV. Les hautes écoles sont chargées d’organiser les tests, tandis que le canton en assume les coûts.


■ La pandémie serait sous-estimée en Afrique, selon l’OMS

L’OMS estime que six cas de covid sur sept passent sous les radars en Afrique, qui jusqu’à présent, était considérée comme le continent le plus épargné par la pandémie.

Lire à ce sujet: En Afrique, la pandémie de covid est totalement sous-estimée


■ La Polynésie française reporte l’application de la loi sur l’obligation vaccinale

Le président de la Polynésie française, Edouard Fritch, a annoncé ce mercredi à Papeete le report de deux mois de l’application de la loi sur l’obligation vaccinale pour les personnes en contact avec le public. La loi, votée le 23 août par l’Assemblée de la collectivité d’outre-mer, devait s’appliquer le 23 octobre. Elle concernera toutes les personnes qui travaillent en contact avec du public. L’obligation vaccinale sera obligatoire dès le 23 décembre. Les personnes non-vaccinées devront s’acquitter d’une amende de 1500 euros. Ce qui est actuellement le cas de «20 000 à 25 000 personnes – sur 60 000 salariés», estime le président.

Dans la population, seuls 52,6% des Polynésiens sont vaccinés. Cette résistance à la vaccination s’explique en partie par les messages contradictoires envoyés par la majorité. Le président et le ministre de la Santé local, Jacques Raynal, prônent une vaccination massive, tandis que le président de l’assemblée et maire de Bora-Bora, Gaston Tong Sang, membre du même parti, parie sur l’immunité naturelle et n’est pas vacciné.

Deux heures après l’allocution du président Fritch, le vice-président du gouvernement, Tearii Alpha, a aussi déclaré lors d’un point de presse qu’il n’était pas vacciné. Ce dernier avait créé une polémique le 5 août 2021 en organisant une grande fête pour son mariage, quelques jours après l’interdiction de ce type de festivités par le président Fritch, lui-même présent au mariage et filmé en train de jouer de la guitare sur scène. Les Polynésiens qui manifestent tous les week-ends contre l’obligation vaccinale s’appuient régulièrement sur le manque d’exemplarité de leurs gouvernants.


■ L’immunité collective dopée par la vaccination à Neuchâtel

Près de huit Neuchâtelois ou Neuchâteloise sur dix présentent des anticorps contre le Covid-19 grâce à la vaccination. L’étude de Corona Immunitas – un projet coordonné par la Swiss School of Public Health (SSPH +) qui regroupe 40 études accomplies par 14 universités et organisations de santé à travers tout le pays – menée depuis un an dans le canton, montre que la proportion est plus élevée chez les plus de 65 ans que chez les 20-64 ans, qui sont moins vaccinés.

Dans le canton de Neuchâtel, 79% des adultes possèdent ainsi des anticorps, a fait savoir ce jeudi la Chancellerie d’Etat. Dans le détail, le taux grimpe à 93% pour les personnes âgées de plus de 65 ans, mais se situe à 75% pour les 20-64 ans. Les résultats démontrent en outre une forte augmentation de la proportion d’adultes ayant des anticorps depuis une année. Le taux n’excédait en effet pas 4,9% en septembre 2020 et 22% en mars dernier, précise le communiqué.

L’avancée de l’immunité collective repose en majorité sur la vaccination. Les données actuelles de surveillance des hospitalisations et des infections corroborent d’ailleurs ces résultats. La vaccination induit une réponse immunitaire plus forte et plus protectrice que l’infection naturelle par le virus, note le Service cantonal de la santé publique (SCSP).


■ En France, une sécurisation toujours insuffisante des données des tests Covid

La Cnil, gendarme français des données personnelles, annonce ce jeudi avoir mis en demeure la société Francetest. Son site internet transmet les résultats de tests Covid réalisés en pharmacie vers la plateforme gouvernementale. Nombre de pharmaciens ont recours à des intermédiaires pour rentrer les résultats des tests et Francetest facture un euro chaque transmission. Seulement, les données de santé sont insuffisamment sécurisées.

Cette décision fait suite à la révélation du site d’information Mediapart fin août d’une faille de sécurité ayant rendu accessible les données personnelles (noms, prénoms, dates de naissance, adresses, numéros de téléphone, numéros de sécurité sociale et adresse e-mail) et les résultats de tests de milliers de personnes.

La Cnil a constaté que la société avait pris certaines mesures pour remédier à la vulnérabilité à l’origine de la violation de ces données, indique le régulateur dans un communiqué. Cependant, le service Francetest présente toujours plusieurs insuffisances en matière de sécurité de données.»

«En conséquence, la présidente de la Cnil a décidé de mettre la société en demeure de prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir la sécurité des données de santé qu’elle traite pour le compte de centaines de pharmacies. La société dispose d’un délai de deux mois pour faire le nécessaire», poursuit-il.


■ Les tournois de golf masculin et féminin de l’Open d’Australie annulés

Suite aux restrictions de voyage liées à la pandémie de coronavirus, les tournois de golf masculin et féminin de l’Open d’Australie sont annulés, annonce ce jeudi la fédération australienne. «Cette décision n’a pas été prise à la légère, mais nous pensons qu’elle est la bonne dans les circonstances actuelles», déclare James Sutherland, le président de Golf Australia.

Le facteur international signifie des changements, des quarantaines et des restrictions de voyage désastreux en termes d’organisation, ajoute-t-il. Et avec nos joueurs prestigieux vivant à l’étranger, le défi est encore plus grand»

La fédération australienne de golf avait déjà repoussé le tournoi masculin de novembre qui devait se dérouler à Sydney à fin janvier ou février. Elle l’a maintenant complètement annulée, tout comme le tournoi féminin de 2022, qui devait se dérouler à Adélaïde en février.

L’Open d’Australie masculin avait déjà été annulé en 2020, pour la première fois depuis 1945. Le tournoi avait été remporté lors de précédentes éditions par l’Américain Jack Nicklaus, l’Australien Greg Norman ou encore le Nord Irlandais Rory McIlroy.


■ En Indonésie, un aéroport sans touriste

Pour permettre une reprise du tourisme, Bali a officiellement rouvert son aéroport à certains vols internationaux ce jeudi. Dévastée par plus d’un an et demi de fermeture de l’île indonésienne attend impatiemment le retour des touristes étrangers. L’aéroport est accessible aux personnes en provenance de 19 pays, dont la Corée du Sud, la Chine, le Japon, la France, les Emirats arabes unis, Dubaï et la Nouvelle-Zélande.

Mais les autorités locales ont précisé qu’aucun vol international n’était attendu pour l’instant et le terminal international est resté désert. «Nous sommes prêts et nous attendons les vols, indique Taufan Yudhistira, le porte-parole de l’aéroport balinais. Mais jusqu’à présent il n’y a rien de prévu.»

Les autorités ont rétabli les visas de tourisme, qui étaient suspendus depuis le début de la pandémie. Les visas à l’arrivée ne sont quant à eux pas encore rétablis. Les visiteurs étrangers doivent être complètement vaccinés, se soumettre à une quarantaine de 5 jours dans un hôtel et disposer des visas adéquats pour se rendre à Bali.


■ Des millions de travailleurs demandent aux Suisses la suspension provisoire des brevets

Plus de 350 syndicats demandent au président de la Confédération Guy Parmelin de revenir sur l’opposition, «criminelle» selon eux, de la Suisse à une suspension provisoire des brevets pour les technologies contre le coronavirus. Ils l’accusent de favoriser la Pharma.

Dans une lettre ouverte publiée ce jeudi par la Fédération internationale des travailleurs des transports (ITF), ces syndicats qui représentent plus de 10 millions d’employés de 113 pays reprochent aux Etats opposés à une suspension des brevets de prolonger la crise en termes d’approvisionnement. «Vous n’avez plus d’excuses», ajoutent-ils encore. Dans leur lettre, outre Guy Parmelin, les syndicats interpellent à la chancelière allemande Angela Merkel, au Premier ministre britannique Boris Johnson et à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

Lire aussi: Les brevets freinent l’accès aux vaccins

Les syndicats relèvent que les Etats-Unis, où les entreprises pharmaceutiques sont importantes, ont eux affiché leur soutien à une levée provisoire des brevets dans les discussions à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dont une nouvelle réunion a eu lieu mercredi à Genève. L’inégalité vaccinale menace «notre sécurité et la reprise de nos activités», écrivent-ils.

Selon des estimations récentes, l’inégalité vaccinale pourrait coûter 5300 milliards de dollars à l’économie mondiale dans les prochaines années. Les signataires déplorent que leurs employés, notamment des marins, aient été parfois bloqués pendant des mois. Selon eux, ces travailleurs ont été trois fois plus menacés de décéder du coronavirus que la population générale.

Mercredi soir, une manifestation à l’appel d’un collectif soutenu par des partis de gauche et des syndicats genevois avait également appelé à cette suspension des brevets. Celle-ci est exigée depuis de nombreux mois par des acteurs comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou Médecins sans frontières (MSF).


■ La pandémie dans le monde

Nouvelles mesures, nouveaux bilans: un point sur les dernières évolutions

  • En vue de stopper la propagation de l’épidémie au Congo, les autorités ont annoncé ce mercredi l’interdiction de toutes les cérémonies de mariages sur l’ensemble de son territoire. « Les cérémonies de mariage civil, religieux, de mariage coutumier et de dot sont suspendues pour une durée de 45 jours», a ainsi déclaré le ministre de la communication à la télévision publique.
  • Le projet de loi controversé prolongeant jusqu’au 31 juillet 2022 le recours possible au pass sanitaire en France a été présenté hier en Conseil des ministres. Avec cette mesure, l’objectif du gouvernement est d’inciter les 26,5% des Français qui n’ont pas encore eu leurs deux doses à se faire vacciner.
  • Le gouvernement du Costa Rica a annoncé le 13 octobre qu’un certificat de vaccination contre le Covid-19 sera exigé à compter du 1er décembre à l’entrée des restaurants, des bars, des hôtels, des magasins, ainsi que dans les salles de sport et les enceintes sportives.
  • Au Brésil, le président Jair Bolsonaro a annoncé qu’il ne se ferait finalement pas vacciner contre le Covid-19, après avoir pourtant affirmé des mois durant qu’il serait «le dernier Brésilien» immunisé.
  • Les Etats-Unis sont le pays le plus endeuillé avec 719 452 morts*, suivis par le Brésil (601 574), l’Inde (451 189), le Mexique (282 773) et la Russie (219 329).

*L’OMS estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée au Covid-19, que le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé.


■ Le personnel de santé québécois incité à se faire vacciner

Le Québec, dont le réseau de santé est malmené par une pénurie de personnel, donne un mois de plus aux travailleurs de ce secteur pour se faire vacciner, sans quoi ils seront suspendus sans solde, a annoncé mercredi le ministre de la Santé de la province canadienne. Le gouvernement souhaite ainsi «donner une dernière chance aux non-vaccinés», qui ont dorénavant jusqu’au 15 novembre pour s’immuniser contre le Covid-19.

Si l’obligation vaccinale du personnel de la santé avait été maintenue au 15 octobre, le retrait des quelque 14 000 employés non-vaccinés aurait conduit à une «pression trop forte» sur le réseau, notamment avec la fermeture de 600 lits et de 35 salles d’opération dans les centres hospitaliers.

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«Comme gestionnaire, je me dois d’ajouter du personnel dans notre réseau qui est à bout de souffle, pas d’en soustraire», pointe le ministre Christian Dubé en conférence de presse. Ce dernier a réitéré sa volonté d’appliquer la vaccination obligatoire, «mais pas aux dépens de notre capacité à soigner» les citoyens.

Au cours du prochain mois, le Québec exigera que les employés du secteur de la santé non-vaccinés soient testés contre le Covid-19 au moins trois fois par semaine. Ces derniers ne pourront pas toucher les «primes Covid» auxquelles ont droit leurs collègues vaccinés. A ce jour, 93% des travailleurs de la santé du Québec sont pleinement vaccinés et 96% ont déjà reçu une première dose.


■ Au Royaume-Uni, le trafic maritime est perturbé

La congestion qui touche les ports au niveau mondial et qui a contraint récemment plusieurs porte-conteneurs à se dérouter de l’Angleterre vers des ports européens va durer encore 6 à 9 mois, a indiqué hier l’Association des ports britanniques (ou BPA). Cette situation, liée aux perturbations du trafic mondial causées par la pandémie, dure «depuis plus d’un an» et le blocage n’est pas spécifique au Royaume-Uni, la situation étant «bien pire en Chine et aux Etats-Unis», constate la BPA.

Plusieurs porte-conteneurs géants, pleins de marchandises pour Noël, ont dû être redirigés depuis Felixstowe, le plus grand port de containers du pays sur la côte est, vers des ports européens à cause d’embouteillages dans ses terminaux, a annoncé mardi le géant du transport maritime Maersk.

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Ces gros cargos accostent alors dans d’autres ports comme Rotterdam ou Anvers, puis la marchandise est transférée dans des navires plus petits qui les ramènent à Felixstowe. Le port anglais, qui traite 36% du volume du fret maritime britannique par conteneur, fait partie «des 3-4 ports les plus touchés au monde», estime Maersk.

La situation dans le pays est aggravée par une sévère pénurie de chauffeurs routiers – il en manque environ 100 000 – qui fait s’accumuler les conteneurs dans les ports faute de camions pour les transporter. «Il y a clairement un problème complexe, en particulier avec les chauffeurs de poids lourds, pas seulement ici mais à travers l’Europe», observe ce mercredi, sur SkyNews, Oliver Dowden, le coprésident du parti Conservateur au pouvoir.