Espagne

L'impact dévastateur des images violentes de Catalogne

La police espagnole est passée dans les écoles les unes après les autres pour tenter de les fermer et empêcher le vote sur le référendum d'autodétermination, interdit par Madrid. Les violences ont fait plus de 450 blessés selon la maire de Barcelone, qui appelle Mariano Rajoy à démissionner. Notre fil de la journée

  • La Catalogne votait ce dimanche sur son autodétermination, lors d'un scrutin interdit par Madrid
  • Des dizaines de milliers d'électeurs se sont rendus dans les 2 315 bureaux de vote, dont 1 300 avaient été mis sous scellés par la police catalane
  • Samedi soir, le président indépendantiste catalan Carles Puigdemont a appelé à une «médiation» dans le «grave» conflit qui oppose son gouvernement à l'Etat central
  • La journée a été émaillée de violences et d'images choquantes, la police tentant de bloquer les bureaux de vote coûte que coûte. Le bilan à 18h00 était supérieur à 400 blessés selon la maire de Barcelone

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■ 18h20. C'est la fin de ce suivi [en continu] d'un référendum qui changera peut-être la donne en Espagne. Vous pouvez continuer de suivre le déroulement de la journée sur Twitter avec le mot-dièse #Catalanreferendum ou sur le compte Twitter de notre envoyé spécial Adria Budry Carbo. En attendant de lire dans quelques heures notre récit de cette journée historique. Merci de votre fidélité.


18h00 L'appel de la maire de Barcelone. Pour Ada Colau, le premier ministre  Mariano Rajoy a perdu toute légitimité et est dans l'incapacité de négocier une sortie de crise politique. Selon elle,  plus de 450 personnes ont été blessées dans la journée.

■ 17h00. Des réactions dans toute l'Europe. Les images des violences de la journée poussent de nombreuses personnalités à réagir et à condamner le déroulement de la journée. Les socialistes sont virulents. Pour Christian Levrat, «Les avis peuvent diverger sur la Catalogne. Mais l’Espagne mérite mieux que ce gouvernement d’une bêtise affligeante… Une honte.»

En Grande-Bretagne, le leader du Labour Jeremy Corbyn a estimé sur Twitter que la violence de la police contre des citoyens était choquante. Le gouvernement espagnol doit y mettre fin maintenant.»

En France, Benoît Hamon a aussi tweeté que «ces images de violences pour empêcher les gens de VOTER en #Catalogne sont lourdes de sens et de menaces.» «L'État espagnol perd son sang-froid. La nation ne peut être une camisole de force» tweete de son côté le leader de La France insoumise Jean-Louis Mélenchon. En revanche l'ancien responsable du Front national récemment éjecté Florian Philippot, affirme son soutien au gouvernement espagnol. «Soutien à l’unité des Etats-Nations, menacée par les baronnies en bas et par l’UE en haut, les deux avançant main dans la main...»

Des représentants de régions qui rêvent d'un référendum à la catalane ont aussi fait le voyage pour soutenir les autonomistes.

(Lire aussi: Le référendum catalan secoue les velléités indépendantistes dans toute l'Europe)

■ 16h00. Match à huis clos. C'est officiel: le match du Barça contre Las Palmas se jouera sans public, après les heurts qui ont émaillé la journée pour des raisons de sécurité.

 

■ 14h45. Le bilan des blessés est en hausse. Le gouvernement catalan parle de 300 personnes qui auraient été blessées lors d'affrontements avec les forces de l'ordre par balles en caoutchouc, coups de matraque ou autres. Les services d'urgence de Barcelone évoquent eux le chiffre de 92 personnes qui auraient déjà été traitées dans les hôpitaux.

Le Ministère de l'intérieur fait état de son côté de 11 blessés, 9 parmi les policiers et 2 gardes civils. 

■ 13h15. Madrid exige la fin d'une «farce». Le représentant du gouvernement espagnol en Catalogne a demandé dimanche aux autorités indépendantistes de la région de mettre fin à la «farce» du référendum d'autodétermination que la police est intervenue pour empêcher. Le président régional de Catalogne Carles «Puigdemont et son équipe sont seuls responsables de tout ce qui s'est passé aujourd'hui et de tout ce qui pourra se passer s'ils ne mettent pas fin à cette farce, a déclaré le préfet de Catalogne Enric Millo lors d'une conférence de presse.

■ 13h00. Des piliers du Barça s'affichent au référendum. Le défenseur du FC Barcelone Gerard Piqué qui avait écrit jeudi «Nous voterons» sur Twitter, a fait savoir dimanche qu'il avait déposé son bulletin dans l'urne, photo à l'appui.

Les anciens capitaines Xavi Hernandez et Carles Puyol ont aussi apporté leur soutien aux Catalans désireux de voter.

Les propos de Xavi, Piqué et Puyol interviennent après ceux de plusieurs autres personnalités liées au Barça, club d'envergure planétaire qui est aussi un porte-drapeau historique du nationalisme catalan.

Samedi, l'ex-entraîneur du Barça Pep Guardiola, actuellement à Manchester City et indépendantiste revendiqué, avait réitéré en conférence de presse son soutien au référendum, affirmant: «Demain (dimanche) sera un beau jour pour notre pays».

■ 12h00. 38 blessés. C'est le chiffre donné par les services d'urgence de Barcelone après une matinée d'échanges tendus, voire de confrontations avec la police espagnole. 

■ 12h00. Indignation du gouvernement catalan. Le président de l'exécutif catalan l'indépendantiste Carles Puigdemont est furieux. «L'usage injustifié de la violence, irrationnel et irresponsable, de la part de l'Etat espagnol, n'arrête pas la volonté des Catalans», a-t-il déclaré à des journalistes en évoquant «coups de matraque, balles en caoutchouc et agressions indiscriminées» contre des personnes qui manifestaient «pacifiquement».
Le ministre de l'Intérieur lui répond en évoquant la proportionnalité et le professionnalisme de la réponse policière.

■ 11h00. Carles Puigdemont a finalement voté. Le président indépendantiste catalan a finalement voté à Cornella del Terri, à quelques kilomètres du bureau où il aurait dû voter mais que les policiers anti-émeutes avaient fermé, a annoncé le gouvernement catalan, en montrant deux photos. Son vice-président Oriol Junqueras et de nombreux citoyens catalans ont aussi commencé à voter, selon les autorités régionales.

■ 11h00. Préau par préau (2)

La situation diffère d'une école à une autre, constate notre journaliste sur place à Barcelone. Il y a des écoles où tout se passe bien, même s'il faut faire la queue. 

■ 10h45. Des blessés

Les médias sociaux font état de violents heurts par endroits à Barcelone. La police espagnole fait usage de flash balls, a constaté notre envoyé spécial Adria Budry Carbo. Il y aurait des blessés.

■ 10h15. Préau par préau (1)

Notre envoyé spécial passe d'école en école pour observer le déroulement du scrutin, empêché à plusieurs endroits par la police espagnole qui bloque les entrées ou prend les urnes. Police et manifestants se battent pour chaque préau d'école, dit-il. Par moments c'est la police qui est empêchée d'entrer, tandis que l'hymne catalan des Faucheurs retentit.

■ 9h30. La police occupe le bureau de vote du président régional

Peu avant l'ouverture des bureaux de vote vers 9H00, des policiers casqués ont formé un cordon autour du centre sportif de Gérone où Carles Puigdemont devait déposer son bulletin, pour éloigner la foule, puis ont forcé l'entrée pour saisir le matériel de vote, rapporte l'AFP.

■ 9h15. L'intervention de la police. La police nationale espagnole a commencé à saisir des urnes et des bulletins de vote destinés au référendum d'autodétermination de la Catalogne interdit par la justice, a annoncé dimanche le Ministère de l'intérieur à l'ouverture des bureaux de vote.

 La police espagnole encercle d'autre part le gymnase qui doit servir de centre de vote au président catalan indépendantiste Carles Puigdemont.

■ 9h00. Ouverture officielle des bureaux de vote 

Des heurts sont rapportés devant certaines écoles, où a lieu le vote.

La situation est plus calme là où s'est rendu notre envoyé spécial, Adria Budy Carbo.

■ 8h12. Promesses du gouvernement. L'exécutif catalan assure pouvoir tenir un référendum assorti de «garanties».

■ 7h00 La police veille mais n'intervient pas. Des policiers de Catalogne vers 7h00 ont commencé à s'approcher de bureaux de vote occupés par des militants qui y avaient passé la nuit, décidés à protéger le référendum sur l'indépendance interdit, pour parler aux manifestants, ou pour les observer, mais sans intervenir, ont constaté des journalistes de l'AFP.

A 6h50 du matin à Barcelone, devant le lycée Escuela Vedruna de Gracia, deux Mossos d'Esquadra (policiers régionaux catalans) ont ainsi fendu la foule qui avait afflué au petit matin. Mais les deux policiers n'ont pas pu rentrer, bloqués par l'assistance, qui a fait barrage pour leur empêcher l'accès. Ils ont alors demandé qui était le «responsable», une question suivie d'un silence de mort... puis une clameur: «Tous !».

Puis un des deux agents a expliqué qu'il attendrait un éventuel responsable dehors, avant de s'éloigner avec son collègue, sous les applaudissements de la foule criant: «Votarem!», «Nous voterons !».

Hier:

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