Lu ailleurs

L'impressionnant assaut de «The Atlantic» contre Donald Trump

Le prestigieux magazine américain publie cinquante textes sur les actes «improbables» du président américain. Cette opération spectaculaire vise à mesurer la gravité de la situation, deux ans après son entrée en fonction

«Impensable». Le magazine américain The Atlantic n’en revient toujours pas: Donald Trump est bien le locataire de la Maison-Blanche et ses actes ne cessent de surprendre. Il multiplie les déclarations fantasques et les décisions improbables. Le média a listé cinquante «incidents destructeurs» qui définissent jusqu’ici sa présidence. Une page est dédiée à cette opération d’envergure. Des journalistes, des universitaires, des acteurs ou encore des écrivains ont apporté leur pierre à l’édifice, dans l’espoir de faire trembler les fondations du trumpisme.

Le projet est présenté dans un court texte rédigé par le rédacteur en chef de The Atlantic, Jeffrey Goldberg: «Comme beaucoup d’Américains, nous trouvons parfois la vitesse du chaos ingérable. Nous avons du mal à croire, par exemple, que nous sommes engagés dans un débat sérieux sur la question de savoir si le président des États-Unis est un atout du renseignement russe.» Il raconte qu’en octobre 2016, le magazine avait publié un éditorial contre Donald Trump en listant une poignée de ses défauts: «C’est un démagogue, un xénophobe, un sexiste, un ignorant et un menteur.» Une critique virulente. Pourtant, deux ans après la cérémonie d'investiture, le magazine se sent «coupable d’euphémisme» dans la description du personnage.

Lire aussi: Et si Donald Trump démissionnait?

Le temps de l'analyse

La liste répertorie une grande diversité de sujets, au point qu’elle paraît infinie. Florilège: «Le premier président à se plaindre d’une élection remportée», «Un économiste de la Maison-Blanche fabrique des faits pour le président», «Trump aide les Saoudiens à dissimuler un meurtre» ou encore «la Maison-Blanche punit un reporter de CNN pour avoir posé des questions». Chaque texte est accompagné d’une image couverte d’un voile rouge, comme pour mieux tirer le signal d’alarme. Le tout est accompagné du mot-dièse #TrumpUnthinkable pour inciter les internautes à partager leur sentiment au sujet de Donald Trump. Ils peuvent également suggérer un moment à insérer dans la liste.

Ce n'est pas un acte militant, assure «The Atlantic»

The Atlantic explique vouloir prendre le temps de l’analyse, une manière de rafraîchir la mémoire des électeurs et leur faire prendre conscience de la gravité de la situation.

Voilà pour l’intention. Mais est-ce efficace à l’ère des fausses informations? Est-ce audible alors que le président américain a fait de la haine des médias une redoutable stratégie politique? Dans un tweet récent, ce dernier écrit ceci au sujet des journalistes: «Leurs faux reportages créent colère et désunion. Prenez deux semaines de congé et revenez reposé. Du calme!»

Selon Jeffrey Goldberg, cette opération spectaculaire n’est pas un acte militant. «Les fondateurs de The Atlantic ont promis à leurs lecteurs que nous ne serions «d’aucun parti, ni d’aucun clan», rappelle-t-il. Le message est entendu par les sympathisants démocrates qui attendent avec impatience la prochaine élection. Ils sont nombreux à saluer l’initiative sur les réseaux sociaux. Mais qu’en est-il des militants républicains? L’assaut du magazine aura sans doute l’effet d’un coup d’épée dans l’eau.

Publicité