Le Parti du peuple cambodgien (PPC) du premier ministre, Hun Sen, a largement remporté les élections législatives de dimanche selon des résultats quasi officiels avec environ 60% des suffrages au terme d'un scrutin considéré comme «pacifique et crédible» par un groupe d'observateurs internationaux. Mais l'homme du jour est l'opposant politique Sam Rainsy, un économiste formé en France qui possède la double nationalité cambodgienne et française et dont le parti a effectué une remarquable percée électorale. La formation a notamment raflé la moitié des suffrages dans la capitale. Sur l'ensemble du pays, il a progressé de 53% par rapport au scrutin de 1998 et obtient environ 23 sièges à l'Assemblée nationale (sur un total de 123). Les royalistes du Funcinpec, eux, sont en déroute. Les premiers chiffres confirment l'ampleur du recul: le parti a perdu presque la moitié des 43 sièges à l'Assemblée nationale qu'il détenait depuis 1998. C'est donc une nouvelle donne pour la politique cambodgienne. «Cela veut dire que la vraie opposition est croissante», commente un diplomate. Certes, le prochain chef du gouvernement sera de nouveau l'inamovible Hun Sen. Le gouvernement devant être appuyé par une majorité des deux tiers de l'Assemblée nationale, le parti de Hun Sen devra s'allier à une autre formation pour former une coalition.