Le premier ministre indien Narendra Modi a annoncé mardi la prolongation au moins jusqu'au 3 mai du confinement de son pays de 1,3 milliard d'habitants pour lutter contre la pandémie de coronavirus. «Les discussions avec les Etats et les ministres en chef amènent à la conclusion que le confinement doit être prolongé. Certains Etats ont déjà décidé de cette extension», a déclaré le dirigeant nationaliste hindou dans une adresse télévisée à la nation. Un confinement sévère est en place au niveau national depuis le 25 mars en Inde.

Le deuxième pays le plus peuplé du monde comptabilise plus de 10 000 cas et 358 morts, selon le comptage de l'université Johns Hopkins. Des chiffres sous-estimés puisque l’Inde pratique peu le dépistage du coronavirus, mais les experts y agitent la possibilité d’une explosion épidémique. Avec la densité élevée de sa population, ses carences en matière d’hygiène et la faiblesse de ses équipements hospitaliers, l’Inde est mal armée pour faire face au pire. 

Lire aussi: L’Inde immense confinée à son tour

Une extension décrétée en amont dans certaines régions

Le chef de gouvernement avait ordonné le 24 mars un confinement national de trois semaines, qui s'achève mardi soir. Face à l'accélération de la croissance des cas de Covid-19, plusieurs ministres en chef d'Etats indiens l'avaient appelé ces derniers jours à prolonger cette mesure. Certaines régions, comme l'Etat du Maharashtra où se trouve la capitale économique Bombay, ont d'ores et déjà décrété une extension du confinement à leur niveau jusqu'à la fin avril.

La sévérité de la mise en oeuvre du confinement a laissé des milliers de camions d'approvisionnement bloqués sur les autoroutes indiennes et des employés de secteurs essentiels ne peuvent plus se rendre au travail, a rapporté la presse indienne. L'Inde est au point mort depuis la fin mars. Les transports publics sont à l'arrêt et les frontières entre les différents Etats fermées. Avec la perturbation des chaînes d'approvisionnement, même des secteurs cruciaux comme les commerces alimentaires font face à des difficultés pour fonctionner.

Lire aussi l'opinion: L’Inde, nouveau laboratoire de la haine