Un monde à sec

Désertification, sécheresse, déforestation… Chaque année, quelque 12 millions d’hectares de terres partent en poussière, selon l’Organisation des Nations unies. Que cela soit en Suisse, en France ou à l’échelle globale, plus aucun pays n’est épargné par le phénomène. Les effets du réchauffement climatique se constatent déjà sur l’hydrologie du continent européen, les périodes de sécheresse ayant atteint une intensité et une durée quasi-inédite depuis 1766. Le Temps consacre une série d’articles à cette problématique.

Entre les doigts du négociant Lilu Ram Kaushik glissent les grains dorés du blé, qu’il évalue selon la qualité et la provenance du Haryana, du Pendjab, du Madhya Pradesh ou du Rajasthan. La tunique blanche et le regard fier, l’homme contemple les sacs de blé alignés devant le magasin no 52, qu’il occupe depuis vingt ans au cœur du grand marché à grains de Najafgarh Anaj, à la frontière poussiéreuse de Delhi. C’est la saison de vente du blé, et les fermiers proposent ici leur production à des acheteurs privés lors d’enchères matinales, ou les écoulent auprès des opérateurs publics à un tarif fixe. Dans une chaleur qui dépasse les 45 degrés, les porteurs peinent sous le poids des sacs en jute de 50 kilos. Mais, à l’ombre des allées, les conversations vont bon train sur la décision du gouvernement indien prise le 14 mai, avec effet immédiat, d’interdire l’exportation du blé.