La «souveraineté» européenne demeure une priorité. Mais au sommet extraordinaire des Vingt-Sept à Versailles qui s’est achevé vendredi, c’est un autre terme qui a scandé les interventions des dirigeants européens, et guidé la «déclaration» publiée à l’issue de la rencontre: celui d’«indépendance». «Nous rentrons dans une zone de très fortes tensions», a averti le président français Emmanuel Macron lors de la conférence de presse tenue, fait symbolique, dans la galerie des Batailles du château construit par Louis XIV. L’unité et «l’esprit de responsabilité» ne sont donc plus les seuls impératifs. L’indépendance, sur le plan de la défense, de l’énergie, de l’alimentation et aussi des échanges financiers, est aujourd’hui la pierre angulaire de l’édifice communautaire que le choc constitué par la guerre en Ukraine impose, ni plus ni moins, de rebâtir. «Avancer dans cette direction n’est plus discutable», a conclu le chef de l’Etat français, très attentif toutefois aux parallèles historiques.