Épidémie

L’industrie culturelle asiatique pâtit du coronavirus

Concerts reportés, tournées annulées, parcs fermés, le coronavirus a des conséquences importantes sur la culture et la vie de millions de personnes en Asie. Avec une priorité: éviter de grands rassemblements et une possible contamination

Des dizaines de millions de Chinois doivent rester chez eux. Pour éviter l’ennui, une application de streaming vidéo s’est associée à l’un des événements culturels les plus importants du pays, le Strawberry Music Festival. Baptisé «Stay at Home Strawberry», le projet permet aux utilisateurs de revoir gratuitement plus de 70 artistes et groupes lors de précédentes éditions du festival. Les utilisateurs de la plateforme Bilibili ont en plus accès à des vidéos quotidiennes publiées sur le réseau social par les artistes. Inauguré mardi 4 février, cet événement en ligne a offert durant quatre jours une bouffée d’air frais aux 50 millions de personnes qu’on estime être concernées par le blocus sanitaire de Pékin.

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Mais la Chine n’est pas le seul pays touché. Des concerts de K-pop, musique sud-coréenne très populaire en Asie, ont été annulés ou reportés dans toute la région. La chanteuse coréenne Taeyeon ne se rendra pas à Singapour et à Macao, tout comme les boys bands Winner et NCT Dream. Un autre groupe très populaire, Super Junior, a annulé ses deux dates prévues en février à Séoul pour célébrer la sortie de son dernier album. Solution de dernier recours: le concert sans public. Le sextuor féminin GFriend a maintenu son concert privé, lundi 3 février, en l’absence de ses fans.

Hongkong durement touchée

Hongkong et sa région ont beaucoup souffert des annulations de spectacles et fermetures de parcs de loisirs. L’Orchestre philharmonique a annulé cinq représentations tandis que la star de cantopop Andy Lau renonce à se produire. Plus de 100 000 billets étaient déjà vendus pour les concerts devant se tenir au Hong Kong Coliseum. Le chanteur avait aussi des dates prévues à Wuhan.

Les amateurs de musique ne sont pas les seuls à se retrouver dans une impasse. Les touristes en visite dans la région hongkongaise doivent faire face à la fermeture de deux attractions touristiques majeures: Disneyland et Ocean Park. Mais les hôtels restent ouverts pour accueillir les visiteurs qui ont fait le déplacement.

Autre annulation majeure, la célèbre foire d’art contemporain Art Basel, qui devait avoir lieu fin mars. «Nous avons étudié toutes les autres options possibles, notamment le report de la foire, et recueilli tous les conseils et les points de vue de galeristes, de nos partenaires et d’experts extérieurs», a assuré Bernd Stadlwieser, PDG du groupe suisse MCH qui organise cet événement. La manifestation, qui se tient à Hongkong depuis 2013, attire chaque année des acheteurs venus de toute l’Asie, en particulier de riches Chinois.

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«Nous ne venons pas de Chine»

Toutes ces annulations successives insufflent un vent de panique chez certains spectateurs jusqu’en Océanie. En pleine promotion de sa tournée australienne programmée en mars, Shen Yun Performing Arts, qui se présente comme «la compagnie de musique et de danse classique chinoise la plus éminente du monde», a adapté sa communication pour rassurer le public. La troupe a reçu de nombreux commentaires négatifs sur les réseaux sociaux, notamment Twitter, en lien avec le coronavirus. En réponse, elle a publié un communiqué de presse, samedi 1er février, intitulé «Shen Yun ne vient pas de Chine», expliquant que ses artistes «n’ont pas été en Chine depuis des années, n’ont pas eu de contact direct avec des Chinois récemment», et que la compagnie «a été fondée dans les collines de l’Etat de New York».

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