Dimanche matin, Kaboul s’est réveillée en plein chaos. «Ils arrivent.» Au téléphone, la voix de R. trahit la panique. «Je ne sais pas si je dois partir ou pas», s’inquiète la jeune femme. «Ils», ce sont les talibans, qui, en quelques heures, ont complètement encerclé la capitale afghane. Peu après, N., un autre résident, affirme que les combattants islamistes contrôlent les quartiers de Dasht-e-Barchi et PD5, dans la banlieue ouest. D’autres racontent qu’ils sont déjà du côté de l’aéroport.

La ruée sur les banques est immédiate. Partout, des embouteillages se forment. Beaucoup de ceux qui ne se terrent pas chez eux cherchent à gagner l’aéroport. Mais la majorité n’a pas de visa et espère simplement y trouver refuge. Dans cette prison à ciel ouvert qu’est devenue Kaboul ce dimanche 15 août, les rumeurs enflent. Un porte-parole des talibans a certes déclaré en début de journée que les assaillants avaient reçu l’ordre de ne pas pénétrer dans la ville. Mais des incidents isolés contredisent cette affirmation.