La prestigieuse conférence d'Herzliya, avec sa concentration de dizaines de décideurs israéliens, était évidemment une occasion à ne pas manquer pour les promoteurs de l'Initiative de Genève. Lors d'une séance, le plan de l'Israélien Yossi Beillin et du Palestinien Yasser Abed Rabbo a été mis en concurrence avec deux autres plans de paix: le premier, très similaire mais beaucoup moins détaillé, est celui d'un autre tandem israélo-palestinien, Ami Ayalon et Sari Nusseibeh. Le second émane d'un député d'extrême droite, Avigdor Lieberman et vise à un échange de territoires et de populations entre Israël et le futur Etat palestinien.

Ce débat d'idées, organisé par un institut académique, a cependant changé de tournure lorsque Yossi Beillin a révélé que les participants avaient dû payer le droit de s'exprimer. «Je m'insurge contre cette privatisation du droit à la parole», s'est exclamé l'homme politique de gauche, suscitant un vrai malaise dans l'assemblée. «Cette session était particulière. Puisqu'ils venaient présenter leur agenda politique, il est normal que ces gens paient leur participation aux frais», expliquait plus tard un organisateur en articulant un chiffre équivalent à quelque 20 000 francs suisses.

Dans le public, quelqu'un prenait vivement la parole: «De toute façon, les gouvernements étrangers ont donné des millions de schekels au plan de Genève. Ils veulent interférer dans le débat israélien et nous imposer leurs vues!» La Suisse, aux côtés d'autres Etats européens, a largement contribué à financer la diffusion de l'Initiative auprès des Palestiniens et des Israéliens.