Le système italien a été fondé en 1948 après vingt ans de fascisme. Les partis se méfiaient tellement les uns des autres qu’ils voulaient éviter que l’un d’entre eux puisse véritablement gouverner.

La constitution donne très peu de pouvoir à l’exécutif et le législatif est aux mains de deux chambres qui ont exactement le même poids. On appelle cela le bicamérisme parfait. Ce système rend le gouvernement italien très instable. Sa durée de vie moyenne depuis la Seconde Guerre mondiale est à peine supérieure à un an. Depuis la fin de la guerre, le pays a connu 62 gouvernements.

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Le rôle du président de la République

Le président de la République a essentiellement un rôle honorifique. Il nomme le chef du gouvernement, choix qui doit ensuite être confirmé par les deux chambres du parlement. Il a également le droit de nommer cinq membres du Sénat en tant que sénateurs à vie et de dissoudre les deux chambres du parlement après avoir consulté les présidents de ces chambres.

Le président du Conseil des ministres

Le président du Conseil des ministres est le chef du gouvernement italien. Il est nommé par le président de la République, mais ce choix doit être confirmé par les deux chambres du parlement. Il s’agit d’une particularité italienne, seule la Chambre basse est la plupart du temps consultée sur le choix du chef du gouvernement.

La Constitution italienne donne au président du Conseil des ministres la tâche de diriger la politique générale du gouvernement et de coordonner l’activité des ministres. Il propose aussi les ministres.

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Le législatif

La Chambre des députés

Les 630 membres de la Chambre des députés, la Chambre basse, sont élus au système proportionnel dans 26 circonscriptions. Douze députés sont également élus par les Italiens de l’étranger.

Le Sénat

Les 315 membres du Sénat, la Chambre haute, sont élus au système proportionnel dans les 20 régions italiennes. Six sénateurs sont par ailleurs élus par les Italiens de l’étranger.

Avec la réforme, le Sénat serait passé à 100 personnes – 74 conseillers régionaux, 21 maires et 5 personnes désignées par le président de la République. Le sénat n’aurait plus pu voter la confiance, c’est-à-dire faire tomber le gouvernement, ni le budget. Il n’aurait plus eu qu’un rôle secondaire dans l’élaboration des lois. Cette réforme avait pour but d’accélérer la procédure législative et d’apporter davantage de stabilité politique.

La réforme électorale

Une réforme électorale a déjà été adoptée mais n’est pas encore entrée en vigueur. Elle vise à garantir la majorité absolue au parti et plus à la coalition qui arrive en tête dans les chambres.

Il arrive souvent que la majorité au Sénat ne soit pas la même qu’à l’assemblée, ce qui mène à des situations de blocage. Le système en place donne une prime à la coalition qui arrive en tête des élections. Il lui garantit la majorité absolue dans une chambre. Mais ces coalitions sont ensuite à la merci de petits partis politiques qui ont la possibilité, s’ils sont mécontents, de faire perdre la majorité à la coalition gagnante. C’est le principe du vote de confiance qui a fait chuter de nombreux gouvernements.

La nouvelle loi vise à donner la majorité absolue à un parti et non plus à une coalition. Ce qui ferait perdre beaucoup d’importance aux petits partis. Elle aurait dû normalement entrer en vigueur en même temps que la réforme constitutionnelle.

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