Seul candidat pour ce poste, à la suite de l’accord conclu mercredi soir entre les principales forces politiques irakiennes, Oussama al-Noujaifi succède à un autre sunnite Iyad al-Samarraï du parti islamique.

Âgé de 54 ans, cet ingénieur électrique, diplômé de l’Université de Mossoul, ville du nord de l’Irak où il est né, a passé la première partie de sa vie professionnelle (1980 à 1992) à la Compagnie nationale d’électricité avant de démissionner pour créer une société de produits agricoles.

Élu en 2005 sur la liste Iraqiya, il fut durant un an ministre de l’Industrie dans le gouvernement d’Ibrahim al-Jaafari. Il a été réélu en 2010 dans la province de Ninive où son frère Athil est gouverneur. À l’issue de cette élection, le parlement a ensuite voté pour élire les deux vice-présidents, le sadriste chiite Qoussaï Abdel Wahab al-Souhail et le kurde Aref Tayfour.

La deuxième étape sera l’élection du chef kurde Jalal Talabani comme président de la République à la majorité des deux-tiers, aux termes de l’accord annoncé par le porte-parole du gouvernement Ali al-Dabbagh.

Selon ce dernier, Jalal Talabani devra désigner, après la fête de l’Adha célébrée à partir du 16 novembre, le premier ministre sortant Nouri al-Maliki pour former le nouveau gouvernement. M. Maliki aura un mois pour le constituer.

Répartition ethnique et confessionnelle

L’entente consacre la répartition ethnique et confessionnelle des trois plus importantes charges du pays. Le président de la République sera kurde, le premier ministre chiite, et le président du parlement sunnite.

Mais ce déblocage fut ardu en raison de l’antagonisme opposant M. Maliki accroché à ses fonctions bien que son mouvement n’ait obtenu que 89 sièges lors des législatives du 7 mars et l’ancien chef du gouvernement Iyad Allawi qui revendiquait ce poste car sa liste laïque, fortement soutenue par les sunnites, était arrivée en tête avec 91 sièges.

«Dans les dernières minutes de la réunion de mercredi, nos frères d’Iraqiya ont adopté une attitude de grande responsabilité en décidant de participer au gouvernement et à la réunion du parlement et j’espère que le chef d’Iraqiya acceptera de diriger le Conseil national de la politique supérieure (CNPS), car c’est un poste de grande responsabilité», a-t-il dit.

Selon le dirigeant kurde, ce nouvel organisme sera créé par une loi et prendra «les décisions stratégiques importantes». Il s’agit d’une compensation pour M. Allawi qui reprochait à M. Maliki d’exercer un pouvoir personnel.

Le député d’Iraqiya, Mustafa al-Hiti, a indiqué à l’AFP que le président américain «Barack Obama a appelé M. Allawi pour lui confirmer que le CNPS sera un organe décisionnaire et lui assurer que la loi l’instituant sera votée avant la constitution du gouvernement». Ce sont les Américains qui avaient formulé avant l’été l’idée de ce Conseil pour sortir de l’impasse.

Il a ajouté que Saleh al-Moutlaq, banni des élections pour son appartenance passée au Baas, devrait devenir le nouveau chef de la diplomatie irakienne à la place du kurde Hoschyar Zebari.

Le nouveau gouvernement, le troisième issu d’élections multipartites depuis la chute de Saddam Hussein en 2003, devrait être formé avec les mêmes composantes que le précédent.

Cet accord, alors que la population s’impatientait notamment en raison de la recrudescence des attentats, s’est fait aussi sous la pression de l’extérieur, notamment les Etats-Unis.

«Les Américains vont soutenir ce sur quoi les Irakiens se sont mis d’accord même s’il y a eu avec eux des différences de points de vue, a souligné M. Barzani faisant allusion aux réserves de Washington sur la participation au gouvernement des partisans du chef radical chiite anti-américain Moqtada Sadr et sur la volonté de Washington de voir Jalal Talabani lâcher son poste de chef de l’Etat pour le laisser à Iyad Allawi.

«Je ne peux pas nier qu’il y a eu des pressions internationales et régionales. Il s’agissait souvent de dialogues et de suggestions mais parfois cela est arrivé jusqu’à des pressions. Les réunions d’Erbil et de Bagdad, ont montré clairement que les Irakiens sont capables de résoudre seuls leurs problèmes», a-t-il dit.