Jeudi, «à Vienne, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont présenté des preuves démontrant que la République islamique d’Iran a construit une usine secrète d’enrichissement de l’uranium près de Qom pendant des années», a déclaré le président américain Barack Obama à la presse.

La France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne demandent à l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) une enquête sur ce sujet «inquiétant», a ajouté M. Obama, qui s’exprimait en présence du président français Nicolas Sarkozy et du Premier ministre britannique Gordon Brown en marge du sommet du G20 de Pittsburgh.

Ce deuxième site est «incompatible» avec le caractère civil du programme nucléaire iranien revendiqué par Téhéran, a précisé le président américain, et «nous attendons de l’AIEA qu’elle enquête immédiatement» à ce sujet.

M. Obama a prévenu que si l’Iran ne se conformait pas aux exigences de l’ONU, qui réclame sans succès l’arrêt de l’enrichissement iranien depuis plusieurs années, il s’exposait à des conséquences.

Il n’a pas prononcé le mot de sanctions mais les dirigeants français et britannique n’ont pas hésité à en brandir la menace. «Nous n’en resterons pas là et nous sommes prêts à mettre en œuvre des sanctions supplémentaires et plus sévères», a déclaré M. Brown. «Faisons passer le message: l’Iran doit renoncer à toute ambition militaire pour son programme nucléaire».

«Et si d’ici le mois de décembre, il n’y a pas de changement profond de la politique iranienne, des sanctions devront être prises, il en va de la paix et de la stabilité», a renchéri M. Sarkozy.

A Vienne, l’AIEA a annoncé vendredi avoir été informée par l’Iran – dans un courrier le 21 septembre – qu’il construisait un second centre d’enrichissement d’uranium, en plus de celui de Natanz, dans le centre du pays. Mais les Occidentaux ont assuré avoir connaissance de ce site depuis longtemps.

«Depuis un certain temps, nous, Américains, Français, Britanniques avions des informations sur l’existence de la centrale en construction de Qom», a indiqué à l’AFP un responsable français ayant requis l’anonymat. L’Allemagne, la Russie et la Chine n’étaient pas au courant et n’ont été informées que récemment par leurs alliés.

La construction de la centrale de Qom, dans le sud de l’Iran, a commencé il y a plus de quatre ans, donc avant l’élection du président ultra-conservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad, a-t-il ajouté.

Ces révélations de Washington, Paris et Londres interviennent à quelques jours d’une réunion des six grandes puissances chargées des discussions sur le programme nucléaire iranien – Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne – avec un représentant iranien le 1er octobre à Genève. Ce sera un «sujet très important» des discussions, a noté un haut responsable de l’administration américaine sous couvert de l’anonymat.

Le diplomate en chef de l’UE, Javier Solana, qui sert régulièrement d’intermédiaire auprès des Iraniens pour les grandes puissances, a apporté son soutien aux critiques des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne à l’encontre de l’Iran.

La chancelière allemande Angela Merkel, qui s’est également associée à l’initiative de Londres, Washington et Paris, a souligné par ailleurs la nécessité d’une concertation avec la Russie et la Chine sur ce sujet.

L’Iran, qui a toujours nié chercher à se doter de l’arme atomique, a confirmé l’existence de ce deuxième site, affirmant qu’il n’était «pas secret».