Le parlement iranien a voté l'allocation de 520 millions de dollars pour développer le programme balistique de l'Iran et renforcer les activités régionales des Gardiens de la révolution, armée d'élite du régime. Cela en réponse à l'«aventurisme» des Etats-Unis.

«Les Américains devraient savoir qu'il ne s'agit là que de notre première action», a prévenu le président du Parlement, Ali Larijani. Il avait auparavant annoncé un vote à une majorité écrasante en faveur d'un train de mesures destinées à «faire face aux actions terroristes et aventuristes des Etats-Unis dans la région».

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Pour les missiles et les actions extérieures

Sans opposition aucune, 240 élus (sur 244 présents) ont voté en faveur du projet de loi, qui prévoit l'allocation de 260 millions de dollars pour le «développement du programme de missile» et d'une somme équivalente pour la Force Qods, la branche des Gardiens de la révolution chargée des opérations extérieures, a indiqué l'agence officielle IRNA.

«Ce projet de loi (voté dimanche par le Parlement iranien) est soutenu par le ministère des Affaires étrangères et le gouvernement. Il fait partie d'une série de mesures proposées par le comité de supervision du JCPOA pour faire face à la récente loi (votée par le) Congrès américain», a déclaré dimanche Abbas Araghchi, haut négociateur et vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

Il fait référence à l'accord international sur le programme nucléaire de la République islamique, connu sous son acronyme JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action), signé en grande pompe le 14 juillet 2015 à Vienne par l'Iran et des grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).

L'Accord sur le nucléaire que Donald Trump juge «horrible»

Donald Trump n'a cessé de critiquer cet accord, qu'il qualifie d'«horrible», mais ne l'a pour l'heure pas remis en cause. L'Iran, qui n'entretient plus de relations diplomatiques avec les Etats-Unis depuis 1980, assure de son côté que les dernières sanctions américaines sont une «violation» de cet accord.

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Le document voté dimanche à Téhéran considère «toutes les forces militaires et de renseignement américaines comme des groupes terroristes» en raison de leur «soutien implicite et explicite à des groupes terroristes» et «à des dictatures et des régimes qui violent les droits humains fondamentaux» au Moyen-Orient.

Ce projet de loi doit être ratifié par le Conseil des gardiens de la Constitution. Il demande au ministère des Affaires étrangères de publier une liste de personnes à sanctionner dans le but de confisquer leurs avoirs et de bloquer leurs transactions financières, en excluant les lanceurs d'alerte qui révèleraient les «activités illégales, crimes, tortures et fraudes électorales» des Etats-Unis.