La coïncidence est tout sauf fortuite. En annonçant ce week-end être parvenus à un accord sur une «charte des principes de l’islam de France», les différentes composantes du Conseil français du culte musulman (CFCM) ont déminé le terrain politico-médiatique avant que l’Assemblée nationale entame, ce lundi, l’examen de l’ex-projet de loi sur les «séparatismes», rebaptisé «projet de loi pour conforter les principes républicains». Pas question pour le CFCM, miné par ses divisions entre communautés (marocaine, algérienne, turque…), d’apparaître incapable d’apporter sa pierre à la République menacée par l’islamisme, comme l’ont prouvé les attentats encore commis en 2020: «Le problème obsédant de la France, c’est le bas du spectre: ces individus radicalisés à bas bruit, contaminés au quotidien par une lancinante musique d’intolérance trop peu perturbée par les imams», note à juste titre Eric Delbecque, l’un des anciens responsables de la sécurité de Charlie Hebdo, dans son livre-choc Les Silencieux (Ed. Plon).

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