Toutes les pistes sont envisagées. Y compris celle de l’intégrisme islamiste. Le ministre de l’Intérieur Claude Guéant, qui s’est rendu sur les lieux dans le XXe arrondissement de Paris, n’a pas voulu en dire plus sur l’enquête ouverte après l’incendie qui a ravagé les locaux de Charlie Hebdo. La police judiciaire travaille dans la plus totale discrétion. Mais le «premier flic de France» n’a toutefois pas hésité à parler d’«attentat» à propos du jet d’un cocktail Molotov qui a déclenché le sinistre vers 01 heure dans la nuit de mardi à mercredi.

Aucune revendication n’est parvenue aux autorités. Du moins n’en font-elles pas mention. Quant à l’équipe de Charlie, elle précise non sans humour que si quelque chose lui était parvenu, elle aurait été bien en peine de le découvrir, puisque la totalité du matériel informatique du journal a été détruit…

Menaces et insultes

Un témoin assure simplement avoir vu deux personnes s’enfuir peu avant le déclenchement de l’incendie. Des menaces avaient été proférées ces derniers jours contre la rédaction du journal satirique. Des insultes diffusées notamment sur les réseaux sociaux et à propos desquelles la direction du journal s’apprêtait précisément à saisir la police. Le directeur du journal, Charb, a été longuement entendu mercredi après-midi par les enquêteurs de la police judiciaire.

Pour l’équipe de Charlie Hebdo, il ne fait en tout cas aucun doute que l’incendie est lié au numéro spécial titré «Charia Hebdo». Mais de là à savoir s’il est l’œuvre de terroristes islamistes ou de «simples cons» selon les mots des journalistes, c’est une autre histoire…

Certains se veulent même prudentissimes en se demandant à qui profite le crime et en relevant le soutien de l’extrême droite. «En vérité, on ne sait pas encore qui a fait ça. Dans ce numéro, il y a même un article sur les intégristes catholiques», relève pour sa part le dessinateur Riss…