Le ministre islandais des Affaires étrangères Össur Skarphedinsson a remis la demande islandaise à son homologue suédois Carl Bildt, dont le pays préside l’Union depuis le 1er juillet, lors d’une cérémonie à Stockholm, a constaté un journaliste de l’AFP.

Reykjavik avait déposé vendredi via ses ambassadeurs à Stockholm et à Bruxelles sa candidature d’adhésion à l’UE, au lendemain du vote favorable, à une courte majorité, du Parlement islandais. Restait à effectuer le dépôt formel de la candidature. Si l’UE accepte la candidature de l’Islande puis donne son feu vert à l’adhésion, les Islandais devront encore se prononcer par référendum.

L’Islande, membre de l’espace Schengen et de l’espace économique européen, applique déjà près des trois quarts des directives européennes, ce qui devrait accélérer les négociations d’adhésion.

Mais le chef de la diplomatie islandaise a reconnu que les négociations pourraient être plus compliquées que prévu. «J’ai bien conscience que deux questions difficiles doivent être réglées, avec les pêcheries et l’agriculture. Beaucoup de gens pensent que ce seront des négociations très rapides. Je ne suis pas si sûr, je pense que ce pourrait être des négociations difficiles», a-t-il dit.

«Je pense néanmoins que nous pourrions devenir membres d’ici 3 ans», a-t-il ajouté, confirmant l’objectif de 2012 fixé par le Premier ministre islandais Johanna Sigurdardottir. «Je suis convaincu qu’avec l’habileté avec laquelle l’UE a su mettre en œuvre des arrangements spéciaux, nous trouverons une solution pour les besoins particuliers» de l’Islande, a estimé M. Skarphedinsson.

Soutien suédois

L’Islande peut déjà compter sur le soutien actif de la Suède, qui préside l’Union européenne depuis le 1er juillet. «Je pense que la candidature islandaise renforcera la dimension nordique de l’Europe», a affirmé M. Bildt.

Devant le Parlement européen mardi, M. Bildt avait souligné que «l’adhésion de ce pays permettrait à l’UE d’être en contact direct avec la région arctique, importante en matière environnementale comme en termes de nouvelles voies de transport maritime». L’Arctique devient un enjeu pour les ressources naturelles et les voies commerciales avec la fonte des glaces liée au réchauffement.

La priorité avant l’ouverture des négociations d’adhésion reste la ratification du Traité de Lisbonne, a néanmoins dit M. Bildt jeudi, une ratification qui dépend en grande partie du référendum irlandais fixé le 2 octobre.