Les Italiens retrouvent dès lundi toute leur liberté de mouvement. Ils n’ont plus à justifier leurs déplacements, peuvent revoir à nouveau leurs amis, se promener où bon leur semble, prendre un café au bar, déguster un plat de pâtes au restaurant ou encore redécouvrir leurs musées. Mais tout cela à conditions de rester confinés encore à l’intérieur de leur région jusqu’au 2 juin. De respecter toujours une distance de sécurité d’un mètre au moins, et de porter un masque dans les lieux fermés.

Ainsi, les bars, les restaurants, les salons de coiffure et de beauté ainsi que les plages pourront accueillir des visiteurs avec deux semaines d’avance sur le précédent calendrier de l’exécutif. Les commerces de détail et les musées rouvriront quant à eux comme prévu.

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Le 3 juin, ouverture des frontières

A partir du 3 juin, les frontières entre les régions s’ouvriront, mettant ainsi fin à la quarantaine nationale. Le même principe s’appliquera aux frontières extérieures: les déplacement «de et vers l’étranger» sont permis, même s’ils pourront «être limités seulement par des mesures étatiques relatives à des Etats ou territoires spécifiques», précise le texte publié dans la nuit de vendredi à samedi après un conseil des ministres fleuve convoqué à 13 heures la veille.

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La pression du nord

Le gouvernement a donc décidé d’accélérer la sortie de la quarantaine générale bloquant le pays depuis bientôt dix semaines. Rassuré par un affaiblissement toujours plus fort de la pandémie à travers toute la péninsule, le premier ministre Giuseppe Conte a entendu les requêtes pressantes des régions, du nord surtout, de relancer plus rapidement les activités économiques et sociales.

La péninsule déplorait vendredi 242 nouveaux décès pour un bilan total de 31 610 victimes et, dans un ralentissement ininterrompu depuis le 20 avril dernier, enregistrait 72 070 malades, soit 4370 en moins par rapport à la veille, pour un total de 223 885 personnes contaminées par le coronavirus depuis le début de l’épidémie.

Les chiffres de la Lombardie ont rassuré

Les autorités italiennes attendaient cette fin de semaine pour comprendre l’impact de la phase 2 sur la crise sanitaire. Le 4 mai dernier, toujours fortement marqué par la violence de l’épidémie dans le nord, Rome avait initié un timide déconfinement en permettant aux Italiens de seulement revoir leurs proches et à quelques 4 millions et demi de personnes de reprendre la route de leur entreprise ou de leur usine. Toutes les autres restrictions restaient valides.

Mais cette ouverture n’a pas eu de répercussion négative sur l’évolution de la crise. Les chiffres de la Lombardie, région la plus marquée, ont rassuré: si le nombre de décès vendredi représentait la moitié du bilan national, les malades étaient toujours moins nombreux et des lits en thérapies intensives se libéraient chaque jour.

De nouvelles limitations sont possibles

Le nouveau calendrier du déconfinement italien reste soumis à cette évolution de l’épidémie. Le gouvernement n’exclut donc pas d’imposer de nouvelles limitations à des zones ciblées dans le cas d’une augmentation des cas de contagions. Comme il l’avait fait dans le sud de la Lombardie ou dans l’ouest de la Vénétie en février dernier.

Jusqu’alors, l’Etat devrait retrouver un rôle d’observateur de la situation sanitaire en accordant davantage d’autonomie à chaque région dans la gestion de sortie de crise sur leur territoire. Mettant ainsi un terme à «des semaines de bras de fer entre le gouvernement et les régions», indique La Stampa.

Les régions demandent encore plus

«Réouverture dans les tensions», titre cependant Il Corriere della Sera dans son édition de samedi. Les régions jugeaient en effet encore trop contraignantes les conditions de déconfinement voulues par Rome. Les négociations sur les normes de sécurité à respecter dans les divers secteurs économiques, des restaurants aux plages, se sont encore poursuivies dans la soirée de vendredi. L’exécutif accepte alors les lignes inscrites par les régions dans un «texte unitaire» présenté au premier ministre en début de soirée. Mais il se réserve la possibilité d’intervenir si les contagions devaient à nouveau augmenter.

Les distances interpersonnelles sont ainsi réduites à un mètre. Et à «un mètre et demi sur les plages, dans les établissement balnéaires et dans les magasins d’habillement», selon La Repubblica. Le quotidien précise que «les réservations sont conseillées pour sortir dîner, aller se faire couper les cheveux ou aller à la page» et trouve «intéressant l’indication généralisée de conserver pour quatorze jours le nom des clients ayant réservé» afin de «localiser de potentiels nouveaux foyers épidémiques». Les Italiens retrouvent donc toutes leurs libertés lundi. Encadrés et sous conditions.