L'essentiel

La Chine promet un don d'un demi-million de doses de vaccin aux Philippines. Des manifestations d'opposants aux mesures sanitaires en Autriche. Alain Berset s'est échangé samedi avec les directeurs cantonaux de santé. La pandémie a freiné les migrations de près de 30%, selon l'ONU. L'Inde commence sa campagne de vaccination XXL. 

Retrouvez les nouvelles de vendredi 


■ L'Italie interdit les vols en provenance du Brésil

L'Italie a annoncé samedi avoir interdit les vols en provenance du Brésil en raison d'un nouveau variant du coronavirus découvert dans ce pays.

«J'ai signé une ordonnance qui bloque les vols au départ du Brésil et interdit l'entrée en Italie des personnes qui y ont séjourné au cours des 14 derniers jours», a tweeté le ministre de la Santé, Roberto Speranza.

«Toute personne se trouvant déjà en Italie et provenant de ce pays doit se soumettre à un test et contacter les autorités sanitaires», a précisé le ministre.

L'Italie, premier pays européen durement touché par la pandémie, a enregistré plus de 2,3 millions de cas dont plus de 81.000 morts.


■ La Chine promet un don d'un demi-million de doses de vaccin aux Philippines

Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Li a promis samedi aux Philippines un don de 500 000 doses de vaccin contre le Covid-19, a annoncé le ministère des Affaires étrangères des Philippines, sans préciser s'il s'agissait du vaccin du groupe chinois Sinovac.

Les Philippines ont enregistré un demi-million de cas et 10 000 décès dus au Covid-19. Les Philippines, comptant près de 110 millions d'habitants, ont déjà conclu un accord pour acheter 25 millions de doses du vaccin CoronaVac de la compagnie chinoise Sinovac bien que le produit n'ait pas reçu l'approbation des autorités régulatrices en Chine.

Le ministère n'a pas précisé si le don annoncé samedi fait partie de l'accord précédemment conclu ni de quel vaccin il s'agissait.

L'administration du président Rodrigo Duterte, qui a été accusée d'avoir été trop lente dans la compétition mondiale pour obtenir un maximum de doses de vaccin, a défendu les vaccins chinois malgré les doutes quant à leur efficacité.

En Turquie, des tests ont montré que le CoronaVac de Sinovac était efficace à 91,25%, mais des essais plus poussés au Brésil ont démontré un taux d'efficacité d'environ 50%, bien inférieur à ceux des vaccins concurrents de Moderna, Pfizer-BioNTech et AstraZeneca/Oxford.


■ 10.000 manifestants anti-masques à Vienne

«Gouvernement démission», «La presse est une menteuse»: des manifestations d'opposants aux mesures sanitaires contre le coronavirus ont rassemblé environ 10 000 personnes samedi après-midi à Vienne, selon les estimations de la police autrichienne.

Plusieurs cortèges bariolés ont été formés pour dénoncer les restrictions imposées depuis le mois de mars par le chancelier Sebastian Kurz à la population pour tenter d'endiguer l'épidémie de coronavirus, a constaté une journaliste de l'AFP.

Fin décembre, le gouvernement autrichien a décrété un troisième confinement pour ralentir la propagation de la pandémie. Les magasins non essentiels, les lieux culturels, les salles de sport, les écoles et les facultés sont fermés.

«Les chiffres qu'on nous sort concernant les morts, c'est de la foutaise. Je n'ai pas envie de finir comme en Chine où on a rien le droit de faire», a réagi une femme se prénommant Gabi, près d'une banderole «Vous êtes la maladie, nous sommes le remède».

«On est des adultes! Depuis un an, je sors tout le temps et je l'ai pas attrapé, le coronavirus. Pas question que je me fasse vacciner», a-t-elle ajouté, interrogée par l'AFP.

Brandissant de nombreux drapeaux autrichiens, la plupart des participants ne portaient pas de masques et ne respectaient pas la distance réglementaire imposée par la loi. Les forces de l'ordre ont procédé à des verbalisations.

L'ex-vice-chancelier d'extrême droite Heinz-Christian Strache a participé à ce rassemblement, sans présenter lui non plus de protection buccale contre le coronavirus.


■ Variant sud-africain à Mayotte, liaisons suspendues 

Un cas de variant sud-africain du coronavirus a été détecté dans le territoire français d'Outre-Mer de Mayotte. Les autorités ont décidé de suspendre les liaisons maritimes et aériennes internationales pour 15 jours à partir de dimanche, a annoncé samedi la préfecture.

Les déplacements entre Mayotte, la métropole et l'île de La Réunion ne sont autorisés que pour «motifs impérieux», a ajouté la préfecture dans un communiqué.

Pour éviter ou ralentir une propagation des variants du virus, dont le britannique, la France a par ailleurs décidé jeudi d'exiger un test PCR négatif pour toutes les personnes arrivant d'un pays hors Union européenne ainsi qu'une période de mise à l'isolement de sept jours, à l'issue desquels elle impose un deuxième test PCR négatif.


■ Le rythme des vaccinations devrait accélérer

Les vaccinations contre le Covid-19 dans les cantons devraient prendre un rythme plus soutenu. Le conseiller fédéral Alain Berset s'est échangé samedi en ligne avec les directeurs cantonaux de santé sur la situation liée à la pandémie.

De leur avis commun, le durcissement des mesures annoncées cette semaine est nécessaire, au vu de la propagation inquiétante de la nouvelle variante du virus, ont déclaré à Keystone-ATS Tobias Bär, porte-parole de la conférence des directeurs cantonaux de la santé, et celui du Département fédéral de l'intérieur, Peter Lauener.

Parallèlement, les deux parties ont souligné l'importance d'accélérer le rythme des vaccinations avec les doses à disposition. Le nombre de tests doit également être accru afin d'endiguer le nombre de cas déclarés par exemple dans les EMS, écoles et autres lieux exposés.

Il est décisif que la population porte ces mesures, qu'elle soit convaincue de leur nécessité et qu'elle soit prête à se faire vacciner ces prochaines semaines et mois.

Le Conseil fédéral a annoncé mercredi un durcissement des mesures de lutte contre la pandémie. Dès lundi, les commerces non essentiels seront fermés, le télétravail sera obligatoire et les réunions privées seront limitées à cinq personnes au maximum. De plus, les mesures déjà en vigueur, comme la fermeture des restaurants, ont été prolongées de cinq semaines, jusqu'à la fin février.


■ L'absence de grippe pourrait nuire à son vaccin

Il n'y a actuellement presque pas de virus de grippe en circulation, en Suisse comme dans d'autres pays. Cela pourrait rendre plus difficile l'élaboration d'un vaccin efficace pour l'hiver prochain.

Certes, la situation peut encore évoluer, mais si l'influenza reste aux abonnés absents, il va être difficile de déterminer la bonne combinaison pour le prochain vaccin, a indiqué à Keystone-ATS la virologue Silke Stertz, de l'Université de Zurich.

Les virus de la grippe mutent sans cesse, et les vaccins doivent être adaptés aux différentes souches, types et sous-types qui apparaissent chaque année en hiver. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) livre pour l'hémisphère nord en février une recommandation indiquant contre quels variants un vaccin doit être produit.

«Avec leur longue expérience, les experts de l'OMS vont certainement choisir une composition de vaccin basée sur des données les plus récentes et offrant une bonne perspective de protection», explique la Pre Stertz. Des incertitudes seront toutefois inévitables, selon elle.

Attendre pour tenter de déterminer quels virus sont en circulation n'est pas une option car les vaccins ne pourraient plus être produits à temps, ajoute la virologue.


■ L'Inde commence l'une des plus grandes campagnes de vaccination au monde

L'Inde prévoit d'immuniser 300 millions de personnes d'ici le mois de juillet, soit presque l'équivalent de la population américaine. Deuxième pays le plus peuplé au monde avec 1,3 milliard d'habitants, les 30 millions de personnels soignants et les plus exposés à la maladie seront les premiers à être vaccinés, suivis par environ 270 millions de personnes de plus de 50 ans ou présentant un état de grande vulnérabilité face au coronavirus.

L'Inde est le deuxième pays le plus touché - après les Etats-Unis - par le Covid-19, avec plus de 10 millions de cas déclarés, même si le taux de mortalité y est l'un des plus faibles du monde. On y déplore 150 000 morts. 

La campagne repose sur deux vaccins: Covaxin développé par Bharat Biotech et le Conseil indien de la recherche médicale, et Covishield, une version mise au point par AstraZeneca et l'université d'Oxford. Tous deux produits par le Serum Institute of India et approuvés «en urgence», début janvier.


■ La pandémie a freiné les migrations de près de 30%, selon l'ONU. 

La pandémie de Covid-19, avec l'arrêt des voyages dans le monde, ont freiné les migrations de près de 30%, selon un rapport de l'ONU publié vendredi. Il y a eut environ deux millions de migrants en moins entre 2019 et 2020.


■ Le Mexique atteint un nouveau record de contaminations en vingt-quatre heures

Le Mexique a enregistré vendredi un nouveau record de contaminations recensées en vingt-quatre heures, le second cette semaine, avec 21 366 cas de Covid-19, selon les chiffres publiés par les autorités sanitaires.

Le secrétariat mexicain à la Santé a également fait état de 1106 décès liés au coronavirus et signalés au cours des dernières vingt-quatre heures.

Le Mexique, qui compte 128 millions d'habitants, enregistre un bilan total d'1,6 million cas et 139 022 décès, occupant ainsi la quatrième place des pays les plus endeuillés en chiffres absolus et la 18e en termes de décès pour 100 000 habitants, selon une base de données de l'AFP fondée sur les statistiques officielles.

La semaine du 8 au 14 janvier a été la plus meurtrière depuis le début de la pandémie au Mexique.


A propos des campagnes de vaccination: