L'Italie a les yeux braqués dimanche sur l'Émilie-Romagne, dont l'élection régionale a valeur de test national. La fragile coalition au pouvoir redoute qu'une victoire de l'extrême droite dans ce bastion de gauche n'entraîne une chute du gouvernement.

Les représentants de la majorité formée par le parti démocrate (PD, gauche) et le mouvement 5 Étoiles (M5S, anti-establishment) ont eu beau marteler que ce scrutin n'aurait aucune incidence sur le gouvernement, le chef de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini a prévenu: si son parti l'emporte en Émilie-Romagne, il exigera dès lundi des législatives anticipées.

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Fort des sondages montrant la Ligue en tête des intentions de vote à 30%, et premier parti d'Italie, le souverainiste espère qu'un retour des Italiens aux urnes sera synonyme pour lui de reconquête du pouvoir. La gauche est aussi sous la menace dimanche d'une défaite dans une autre région, la Calabre (sud), qu'elle détient mais où la candidate de centre droit (Forza Italia), soutenue par l'extrême droite, est favorite.

Percée de la droite 

Région prospère du centre-nord de la péninsule, baignée par l'Adriatique, l'Émilie-Romagne a longtemps été un bastion inexpugnable de la gauche dont les valeurs prévalent toujours dans ses villes, même si la droite a fait de sérieuses incursions dans ses villages et ses campagnes.

«Ces dernières années, les couleurs politiques marquées pour telle ou telle région ont eu tendance à s'estomper, notamment avec l'arrivée du mouvement 5 Etoiles, les cartes ont été rebattues et c'est intéressant, car on ne sait plus à l'avance à quel résultat s'attendre», a déclaré à l'AFP Andrea Setti, 34 ans, employé de banque qui a voté dimanche à Bologne.

La participation, un facteur clé

Les derniers sondages publiés avant le silence médiatique imposé par la loi ont montré que la droite, menée par la Ligue, était au coude-à-coude avec le Parti démocrate en Émilie-Romagne.

Quelque 3,5 millions d'électeurs sont appelés à voter dimanche entre 07h00 et 23h00 pour élire leur exécutif régional. Une des clés du scrutin sera la participation. À la mi-journée, elle était de 23,67%, soit plus du double de celle enregistrée au même moment lors des régionales de 2014 (10,88%).