Spécialiste des Balkans et correspondant du Temps à Belgrade, Jean-Arnault Dérens publie ces jours un livre intitulé Kosovo, année zéro*. Le journaliste y traite l'histoire et les mythes qui gravitent autour de cette province autonome de Serbie qui aspire, dans le sillage du Monténégro, à l'indépendance. Il se penche notamment sur le phénomène des logiques identitaires. Pour lui, le clivage nationaliste auquel on assiste aujourd'hui est un phénomène récent. Il s'applique aussi à montrer en quoi les conflits interethniques diffèrent de ceux qu'a connus la Bosnie.

Le regard porté sur l'ONU est sévère. Un chapitre est consacré à la faillite du protectorat international. Jean-Arnault Dérens s'en explique: «Aucun des standards posés par la communauté internationale n'est appliqué. La lutte contre la criminalité est une catastrophe. Quant à l'économie, c'est l'échec. Quel que soit le statut futur du Kosovo, on ne s'est pas demandé de quoi vont vivre les jeunes Kosovars. De fait, la province ne vit que de l'aide internationale et de la diaspora.» Le journaliste aborde aussi la question de la Grande Albanie et du statut de Serbe, de la multiethnicité du Kosovo «détruite» que l'auteur estime difficile à reconstruire.

*«Kosovo, année zéro», Editions Paris-Méditerranée, 380 pages.