Après l'«Obamamania», voici la «Barack orgie», s'énervent les partisans du candidat républicain John McCain. Le voyage de Barack Obama au Proche-Orient et en Europe a déclenché sur les chaînes de télévision et dans la presse américaines une avalanche sans précédent de reportages en direct, d'interviews. Au point de transformer le périple du sénateur de l'Illinois en une marche conquérante vers le pouvoir. Barack Obama semble occuper tout l'espace médiatique.

L'équipe de campagne du camp McCain accuse les médias américains d'être «tombés amoureux» de Barack Obama, rapporte l'AFP. Mais elle peine à trouver une contre-attaque. Elle vient de lancer une vidéo de trois minutes pour dénoncer le traitement de faveur dont bénéficie le sénateur de l'Illinois, reprenant les citations les plus dénuées de sens critique des médias américains. Ainsi, CNN présentait le même jour un Barack Obama entouré de journalistes à Amman, en Jordanie, alors que McCain était montré tassé sur une voiturette de golf aux côtés de l'ancien président George Bush. Effet désastreux.

Et, pas de chance, alors qu'il voulait reprendre l'offensive en se montrant sur une plate-forme pétrolière, John McCain a dû y renoncer en raison de l'ouragan Dolly. L'hypothèse selon laquelle il pourrait avancer l'annonce de la désignation de son candidat à la vice-présidence pour faire diversion au voyage de son concurrent a été avancée par plusieurs médias.

Humour

Se moquant des journalistes vedettes qui suivent Barack Obama dans sa tournée, l'équipe de campagne de John McCain a aussi cru pouvoir faire de l'humour avec la presse américaine. Elle a envoyé aux journalistes accrédités de faux laissez-passer les qualifiant de «journalistes de l'équipe B». «Equipe de presse de McCain, équipe B universitaire, laissée à l'arrière pour informer l'Amérique», dit la légende sous une photo de la statue de la Liberté.

Le fait que la campagne électorale américaine se joue aussi bien en Europe ou au Proche-Orient qu'aux Etats-Unis n'est pas vraiment nouveau. Ce qui étonne, c'est l'interaction entre ce qui se passe à l'étranger et aux Etats-Unis.

«Il y a une intense et imprévisible influence entre la politique qui se joue ici aux Etats-Unis et ce qui se passe à l'étranger», note ainsi le Milwaukee Journal. Il ne s'agit plus seulement de faire la démonstration auprès des électeurs américains que l'un ou l'autre candidat peut imposer son leadership hors Etats-Unis, mais aussi «de jouer de son audience à l'étranger, de saisir les réactions extérieures pour en retour influer sur la campagne aux Etats-Unis». Pour le quotidien, l'«Obamamania», la guerre en Irak, les sentiments anti-Bush et la façon dont Internet a mondialisé la couverture se conjuguent pour étendre la campagne bien au-delà des côtes américaines.