Aux Etats-Unis, entre réactions mi-amusées ou étonnement, le choix du Conseil fédéral en faveur du F-35 comme nouvel avion de combat ne suscite que peu d’intérêt, si ce n’est pour le fabricant lui-même, basé à Bethesda, dans le Maryland.

Notre article: Et le gagnant est le F-35

«Nous sommes honorés d’avoir été sélectionnés par la Suisse et sommes impatients de nous associer au gouvernement suisse, au public, à l’armée de l’air et à l’industrie pour livrer et maintenir l’appareil F-35», commente Bridget Lauderdale, vice-présidente de Lockheed Martin et directrice générale du programme F-35. «Avec cette sélection, la Suisse devient le 15e pays à intégrer le programme F-35, rejoignant plusieurs pays européens pour renforcer davantage la puissance aérienne et la sécurité mondiales.»

L’industrie suisse aura la possibilité de participer à des opportunités de recherche et développement, de production et d’entretien qui étendront ses capacités à l’avenir, assure encore le communiqué, un point qui va être fortement discuté en Suisse.

Des critiques domestiques

Le F-35A Lightning II n’a pas été épargné par les critiques aux Etats-Unis. Il a poussé le commandant en chef de l’US Air Force, le général Charles Q. Brown, à évoquer, en mars, l’idée de réduire les commandes d’achat des 1763 F-35 amorcées en 1997, pour se diversifier et viser un avion de chasse «plus maniable, plus léger et moins coûteux».

Le F-35, trop sophistiqué pour la Suisse? Chercheur au Royal United Services Institute (RUSI), Justin Bronk ne cache pas son étonnement sur Twitter: «Eh bien, je ne l’avais pas vu venir celle-là! Un pays explicitement neutre n’ayant qu’un besoin de défense aérienne et un budget assez limité… qui choisit de payer pour un ensemble de capacités (coûteuses) conçues dès le départ pour pénétrer l’espace aérien hostile et mener des frappes de précision.»