L’essentiel

L’OFSP a désormais formulé une recommandation en faveur de la vaccination des femmes enceintes dès 12 semaines. Sur le plan épidémiologique, les experts jugent la situation préoccupante en Suisse.

Le passe sanitaire a été étendu lundi aux restaurants et aux bars à l’intérieur, les cinémas, théâtres et musées, les salles de sports et piscines couvertes. Lire notre reportage

Une pétition pour le maintien de la gratuité des tests en Suisse rencontre le succès. Ce lundi, elle a franchi la barre des 200 000 partisans.

Le Royaume-Uni a résilié son contrat avec le labo franco-autrichien Valneva. Le pays abandonne ainsi 100 millions de doses d’un potentiel vaccin contre le Covid-19.

Retrouvez notre suivi de la journée de lundi


■ Les personnes immunodéprimées reçoivent une 3e dose de vaccin

Les personnes gravement immunodéprimées reçoivent actuellement en Suisse une troisième dose de vaccin contre le coronavirus. La commission fédérale pour les vaccinations ne recommande pour l'heure pas de troisième vaccination pour le reste de la population, quelque soit l'âge ou les maladies antérieures.

Dans le cas des patients immunodéprimés, on ne sait pas s'ils ont bien réagi à la première ou à la deuxième dose, a relevé le président de la commission fédérale pour les vaccinations Christoph Berger. La vaccination est donc recommandée pour eux. Il s'agit par exemple de patients ayant subi une transplantation rénale, ou de ceux souffrant de certaines pathologies.


■ Le Covid et l’école: la Suisse trop insouciante selon une virologue

Pour la virologue genevoise Isabella Eckerle, la Suisse se montre trop négligente face à violente flambée de Covid-19 qui sévit dans les écoles. Les cantons ont manqué l’occasion, lors des vacances d’été, de préparer les écoles au variant Delta.

Des recommandations identiques pour toutes les écoles auraient déjà pu être diffusées en 2020, critique la professeure dans une interview accordée aux journaux alémaniques de Tamedia. Le fait que le Covid-19 puisse provoquer chez l’enfant un Covid long et de sévères syndromes inflammatoires a été traité avec trop d’insouciance en Suisse, contrairement à ce qui s’est passé dans beaucoup d’autres pays. Aux Etats-Unis, les pédiatres ont ainsi recommandé le port du masque pour les enfants dès deux ans.

La situation dans les écoles suisses conduit à beaucoup d’insécurité. «Les adultes doivent se faire vacciner et les masques devraient être conseillés dans les classes», indique la virologue. En outre, des tests répétés, des filtres à air, des détecteurs de CO2, des classes réduites, des cours à l’extérieur et de bonnes informations devraient aider. «Beaucoup croient encore que de se laver régulièrement les mains suffit à se protéger contre une contamination», déplore-t-elle.


■ Pas de 3e dose pour l’instant

Ni Swissmedic ni l’Agence européenne des médicaments n’ont encore recommandé une vaccination de rappel. En Suisse, elles sont disponibles seulement pour les personnes immunodépressives. Pour toutes les autres, il n’y a pas d’indicateurs qui plaident en faveur d’une troisième dose, a expliqué Christoph Berger, président de la commission fédérale pour les vaccinations, lors du point presse de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Les vaccinations de rappel sont conçues pour éviter que le système de santé ne soit surchargé, a-t-il rappelé. Si après le vaccin, la quantité d’anticorps diminue avec le temps, ce n’est pas le cas de la protection contre une forme grave du Covid-19, a-t-il ajouté, citant des études réalisées en Israël et au Royaume-Uni.


■ Le taux de vaccinés doit augmenter

Le nombre de personnes vaccinées en Suisse doit être plus élevé avant de discuter de la levée de toutes les mesures de protection, a estimé Patrick Mathys. Le taux de couverture vaccinal doit particulièrement augmenter chez les jeunes.

Le virus circule particulièrement chez les jeunes, a souligné le chef de la section Gestion de crise et collaboration internationale de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). Un bon 40% des jeunes de 10 à 19 ans ont déjà reçu une dose.

La demande de vaccinations a augmenté ces derniers jours. En moyenne, 27 000 injections ont eu lieu, a-t-il relevé.


■ Rudolf Hauri: «la situation est redevenue incertaine»

La pandémie n’est pas terminée, a déclaré mardi Rudolf Hauri, président de l’Association des médecins cantonaux de Suisse, lors du point de presse des experts. Et les contaminations sont plus hautes aujourd’hui que l’été dernier.

La situation est redevenue incertaine et ne peut pas encore être qualifiée de maîtrisée. La recherche des contacts fonctionne à plein régime, mais n’est pas en mesure de contenir suffisamment le virus. L’infection des adolescents et des jeunes ne peut être évitée. Toutefois, des tests réguliers et le port obligatoire du masque à l’école permettent d’éviter la propagation incontrôlée du virus. Plus le taux de vaccination sera élevé, plus vite ces règles pourront être assouplies, a déclaré Rudolf Hauri.


■ Recommandation de vaccination pour les femmes enceintes

La commission fédérale pour les vaccinations et l’OFSP recommandent la vaccination contre le Covid de toutes les femmes enceintes à partir de la douzième semaine de grossesse. Cela s’applique également aux femmes qui allaitent déjà.

Les femmes qui envisagent une grossesse devraient également être vaccinées, a relevé mardi devant les médias le président de la commission fédérale pour les vaccinations Christoph Berger. La vaccination protège la femme et l’enfant à naître d’une évolution négative de la maladie. Le consentement écrit du médecin n’est plus nécessaire,

De plus en plus de données montrent que les avantages de la vaccination des femmes enceintes l’emportent sur les risques, a expliqué le spécialiste. Les femmes enceintes ont un risque accru de se retrouver à l’hôpital et même aux soins intensifs avec le Covid. Il existe également un risque de fausse couche.

Aucune conséquence grave n’a été observée chez les 150 000 femmes enceintes vaccinées aux Etats-Unis. Une telle recommandation de vaccination existe également dans d’autres pays, notamment récemment en Allemagne. Aucun problème de fertilité n’est non plus à craindre.


■ La situation en Suisse toujours préoccupante

Le nombre de nouveaux cas s’est stabilisé et les hospitalisations sont en baisse. Le taux d’occupation des unités de soins intensifs reste élevé. «La situation reste préoccupante dans une certaine mesure» a souligné lors du point presse de l’OFSP Patrick Mathys, chef de la section Gestion de crise. Aux soins intensifs, elle demeure très tendue.

Des incertitudes entourent l’évolution de la pandémie, notamment avec le retour des jours froids, a-t-il relevé. L’OFSP a comptabilisé entre 2000 et 3000 cas par jour ces dernières semaines.

Près de 80% des places disponibles en soins intensifs sont occupées. Les patients atteints du Covid-19 occupent environ un tiers des lits. Près de 280 patients ont été pris en charge au sein des unités de soins intensifs depuis début septembre.


■ La Suisse négocie l’achat de doses à Johnson & Johnson

La Suisse pourrait acheter un demi-million de doses du vaccin produit par Johnson & Johnson, selon un article du Blick. Questionné à ce sujet lors du point presse de l’OFSP, Patrick Mathys a répondu que le Conseil fédéral est en négociation avec Johnson & Johnson. La commande serait destinée aux personnes qui, pour des raisons médicales, ne peuvent pas être vaccinées avec un vaccin à ARN messager. Il n’y a toutefois pas encore de contrat. Swissmedic a approuvé le vaccin au printemps 2021.


■ La Suisse et le Liechtenstein comptent 1992 nouveaux cas en 24 heures

Les principales informations du bulletin quotidien de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP).

  • On déplore 11 décès supplémentaires.
  • 65 malades ont été hospitalisés.
  • Durant les dernières 24 heures, les résultats de 34 013 tests ont été transmis. Le taux de positivité s’élève à 5,86%.
  • Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d’infections est de 34 778, soit 402,3 nouvelles infections pour 100 000 habitants.
  • Les patients Covid-19 occupent 32,4% des places disponibles en soins intensifs, dont le taux d’occupation est de 76,3%.

Concernant la vaccination. Au total 9 987 718 doses de vaccin ont été administrées et 52,91% des personnes ont déjà reçu deux doses. La Suisse a reçu jusqu’à présent 11 558 700 doses de vaccins.

Le pays dénombre par ailleurs 20 803 personnes en isolement et 22 828 individus faisant partie de leurs contacts ont été mis en quarantaine.


■ Piqûre de rappel pour les plus de 50 ans au Royaume-Uni

Les conseillers scientifiques du gouvernement britannique ont recommandé d’administrer une dose de rappel de vaccin contre le Covid-19 aux plus de 50 ans et aux soignants. Les personnes âgées de 16 à 49 ans souffrant de problèmes de santé les rendant particulièrement vulnérables et les adultes en contact avec des personnes immunodéprimées sont également ciblées par ce programme de rappel.

Les experts du JCVI, comité conseillant le gouvernement sur sa campagne de vaccination, recommandent d’utiliser en priorité le vaccin Pfizer/BioNtech, ou si ce n’est pas possible, une demi-dose de Moderna. L’injection doit intervenir au moins six mois après l’administration de la deuxième dose, un intervalle jugé le plus pertinent en termes d’efficacité du vaccin.


■ Tests obligatoires en cas d’expulsion ou de renvoi

Les personnes renvoyées ou expulsées devraient pouvoir être soumises à un test Covid-19, y compris contre leur gré, si leur départ de la Suisse en dépend. Le Conseil national a soutenu ce projet du gouvernement, par 119 voix contre 65.

Selon le projet gouvernemental, les cantons seront chargés d’ordonner les tests et de veiller à leur exécution. Les tests sous contrainte seront effectués par du personnel médical formé à cet effet. Les mineurs de moins de 15 ans n’auront pas à subir de tests contre leur gré. Le projet devrait entrer en vigueur immédiatement et le rester jusqu’au 31 décembre 2022. Il sera débattu au Conseil des Etats mercredi.


■ L’OFSP fait campagne pour inciter les jeunes à se vacciner

Les adolescents et jeunes adultes ont encore une grande marge de progression en matière de vaccination. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) lance mardi une campagne à leur intention par le biais de courtes vidéos drôles diffusées sur les réseaux sociaux.

Les trois vidéos de «fails» (échecs) ont pour but de montrer aux jeunes de 12 à 29 ans qu’ils doivent aussi oser se faire vacciner. Les clips, mettant en scène des jeunes protagonistes effectuant diverses actions qui tournent mal, mettent l’accent sur l’autodérision. Elles ont pour but d’apaiser les craintes «diffuses» des jeunes par rapport à la vaccination.

Selon Virginie Masserey, cheffe de la section contrôle des infections de l’OFSP, 40,6% des jeunes âgés de 12 à 19 ans ont reçu une dose de vaccin et 27% les deux doses. Ces chiffres montent à respectivement 56% et 46% pour les 20 à 29 ans.


■ Philippines: allègement des restrictions pour relancer l’économie

Les restrictions seront assouplies dans la capitale Manille, malgré le nombre record d’infections, ont déclaré mardi les autorités, qui cherchent à stimuler l’activité économique. Les restaurants, les églises et les salons de beauté de la région de Manille ouvriront en capacité réduite à partir de jeudi pour permettre à des dizaines de milliers de personnes de reprendre leur activité.

Les contaminations ont atteint des niveaux records aux Philippines avec plus de 140 000 cas au cours de la semaine écoulée suite à l’apparition du variant Delta. Des mesures de confinement localisées sont prévues dans la région métropolitaine de Manille, visant des bâtiments, des rues ou des quartiers spécifiques.


■ Vladimir Poutine, cas contact

Le président russe Vladimir Poutine est tenu de s’isoler après la découverte de cas au sein de son entourage. «Le président est en parfaite santé», a dit lors d’un briefing téléphonique Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, ajoutant que Vladimir Poutine, qui est vacciné, s’était soumis à un test de dépistage mais le Kremlin n’en a pas révélé le résultat.

«Vladimir Poutine doit respecter un régime d’auto-isolement pendant une certaine période de temps», a précisé la présidence dans un communiqué annonçant que le chef de l’Etat russe n’allait donc pas participer en personne à un sommet au régional au Tadjikistan.


■ Crainte pour les patients souffrant de maladies cardiaques

Toutes les opérations de chirurgies cardiaques ne peuvent être réalisées à temps en raison de la forte utilisation des soins intensifs provoquée par la pandémie. L’association de chirurgie cardiaque souhaite que les capacités des unités de soins intensifs soient augmentées.

Les listes d’attente ne cessent de s’allonger et le risque que des patients ne soient pas traités augmente. La Société suisse de chirurgie cardiaque et vasculaire thoracique (SSCC) met en garde contre des complications potentiellement mortelles telles que les crises cardiaques, les arythmies et l’insuffisance cardiaque.

Il n’a jamais été aussi important de freiner l’augmentation du nombre d’infections, a déclaré le président de la SSCC, Peter Matt, dans un communiqué. Il est urgent d’augmenter les capacités et les ressources des soins intensifs, selon l’association. Plus de 7000 opérations cardiaques majeures sont réalisées chaque année en Suisse.


■ Un militaire, héros de la vaccination au Portugal

Parmi les champions du monde de la vaccination, le Portugal doit une bonne partie de son succès à la rigueur et au sang-froid de l’officier de marine en treillis chargé de mener à bien cette mission. Le vice-amiral Henrique Gouveia e Melo a été récemment applaudi à son arrivée pour une visite dans un centre de vaccination de la banlieue sud de Lisbonne.

Avec 80% de sa population d’environ dix millions d’habitants déjà entièrement vaccinée, le pays est au coude à coude avec Malte en tête de la course mondiale à l’immunisation contre le Covid-19.

La partie n’était pas gagnée quand il a été nommé, début février, au poste de coordinateur de l’équipe en charge de la campagne de vaccination. Rassurés par la rigueur d’un militaire, les Portugais ont pu témoigner de son flegme lorsque le vice-amiral Gouveia e Melo a essuyé stoïquement les injures lancées devant les caméras de télévision par un groupe de militants anti-vaccin.


■ L’Australie prolonge le confinement de sa capitale Canberra d’un mois

Le confinement de la ville de Canberra a été prolongé jusqu’à la mi-octobre. Les quelque 400 000 habitants de Canberra sont depuis un mois contraints de rester chez eux après la découverte d’un premier cas de Covid-19 dans la ville.

Le foyer épidémique, lié au variant Delta demeure limité, avec à ce jour 252 cas actifs et 276 personnes guéries.


■ L’île Maurice confrontée à une vague de Covid-19

A moins de trois semaines de la réouverture complète de ses frontières, l’île Maurice fait face à une explosion de Covid-19. Les hôpitaux sont saturés, les respirateurs artificiels rares et le cimetière où étaient enterrées les victimes du coronavirus est plein. Officiellement, tout est prêt pour accueillir les touristes au 1er octobre dans ce paradis de l’océan Indien. L’objectif de vacciner 60% de la population a été dépassé. Les autorités ont rendu la vaccination obligatoire dans certaines activités, dont le secteur touristique, sous peine d’amendes ou de peines de prison.

Depuis la réouverture partielle mi-juillet, le nombre de cas a été multiplié par plus de cinq, de 2461 le 16 juillet à 12 616 le 10 septembre. Le gouvernement impute cette hausse à un relâchement des comportements. Accusées par la population de minimiser le nombre de morts, les autorités ont revu le bilan à la hausse vendredi, à 89 morts depuis le début de la pandémie.