L’essentiel

Coup de tonnerre aux Pays-Bas ce mardi, où un tribunal a fait annuler le couvre-feu, jugeant la mesure disproportionnée.

La pression s’accroît sur le Conseil fédéral pour un relâchement des mesures covid.

L’Office fédéral de la santé publique a tenu des propos plutôt apaisants ce mardi, estimant que les personnes non vulnérables «qui le souhaitent» pourraient être vaccinées durant l’été.

Retrouvez notre suivi de la journée de lundi


■ USAM versus Travail.suisse: le ton de la journée de demain est donné

Deux fortes prises de position ont eu lieu ce mardi, en fin de matinée et dans l'après-midi.

L'Union suisse des arts et métiers, lobby des PME, a ouverts les feux en redisant sa demande d'une ouverture complète au 1er mars, qu'elle avait déjà exprimée la semaine passée. Restaurants, commerces et entreprises de loisir devraient pouvoir reprendre les affaires, réclame la faîtière. En attendant, les restaurants devraient déjà pouvoir servir en terrasse et les commerces pouvoir vendre des produits par guichets.

Ensuite, Travail.suisse a tenu des propos tout à fait inverses. «Il ne faut en aucun cas assouplir les mesures de protection ou l'obligation du travail à domicile», lance le syndicat, qui redoute «l'effet yo-yo». L'organisation fustige en outre la «lenteur» des paiements des aides financières.


■ Johnson & Johnson dépose une demande d’autorisation pour son vaccin dans l’UE

Le groupe pharmaceutique américain a officiellement déposé une demande d’autorisation pour son vaccin contre le Covid-19 dans l’Union européenne, a annoncé l’Agence européenne des médicaments mardi, précisant qu’une décision était attendue en mars.

Le vaccin développé par Johnson & Johnson et sa filiale européenne Janssen-Cilag International N.V. a la particularité de ne requérir qu’une seule injection, contrairement aux trois autres vaccins autorisés en Europe jusqu’ici.


■ Les mesures covid sont parfois bloquées en justice

La décision tombée ce mardi aux Pays-Bas, où un tribunal a ordonné de lever le couvre-feu instauré pour lutter contre la pandémie, n’est pas une première. L’AFP recense quelques cas.

  • Allemagne. Début février, une habitante de Tübingen obtient en justice la levée du couvre-feu instauré dans le Bade-Wurtemberg, tout en laissant la possibilité aux autorités de rétablir la mesure en la limitant aux communes dont le taux d’incidence dépasse 50 cas pour 100 000 habitants. Le tribunal a considéré que le gouvernement de cet Etat régional aurait dû davantage motiver le maintien d’un couvre-feu sur tout son territoire.
  • Espagne (1). Un tribunal madrilène, saisi par les autorités régionales, invalide début octobre 2020 des mesures de confinement partiel mises en place par le gouvernement central, arguant que la santé publique est en Espagne une compétence des régions. En vertu du décret gouvernemental, les 4,5 millions d’habitants de Madrid et de neuf autres communes avaient interdiction de quitter leur municipalité, sauf pour travailler, aller chez le médecin ou à l’école. Le gouvernement contournera la décision de justice en imposant un état d’urgence sanitaire sur l’ensemble du territoire espagnol, afin de servir de couverture juridique à toutes les mesures contre le Covid.
  • Espagne (2). Quelques mois auparavant, en juillet, le reconfinement d’environ 160 000 habitants de Lérida, en Catalogne, et de plusieurs communes environnantes, décidé cette fois par les autorités régionales, avait été suspendu par un tribunal, au motif que les limitations de la liberté de mouvement relevaient de «la compétence de l’Etat». Le même tribunal avait finalement donné son feu vert dans les jours suivants.
  • France. Plusieurs couvre-feux instaurés au niveau local ont été suspendus par des tribunaux. Pendant le premier confinement, la justice administrative suspend des couvre-feux instaurés à Lisieux, dans le nord-ouest, fin mars 2020 et à Cholet, dans l’ouest, fin avril. En mai, au moment du déconfinement, un couvre-feu instauré par la préfecture de l’Oise à Compiègne, Creil et Nogent-sur-Oise est à son tour suspendu.
  • Portugal. En mai 2020, la justice portugaise remet en cause la quarantaine de 14 jours à l’hôtel imposée par le gouvernement régional des Açores aux personnes se rendant dans cet archipel, estimant que la mesure viole la Constitution et équivaut à une «privation de liberté».

■ Un instantané: confinés à l’aéroport

En Grande-Bretagne depuis hier, nouvelle mesure de protection, même les citoyens du pays qui reviennent au pays doivent effecteur une quarantaine dans des hôtels agréés par l’Etat. Le photographe a saisi les gesticulations d’un voyageur sitôt arrivé sitôt enfermé, au Radisson Blu de Heathrow.


■ L’Office fédéral de la santé publique souffle le tiède et le frais

Les responsables de l’administration se sont exprimés à la veille d’une séance très attendue du Conseil fédéral.

Le calme avant l’accalmie? De manière générale, ce mardi, les responsables de l’Office ont voulu se montrer plutôt rassurants.

La Suisse ne fait pas si mal

a lancé Patrick Mathys, chef de la cellule de crise. «Mais nous n’avons pas encore atteint notre objectif, à savoir une diminution forte et rapide.» Le taux de reproduction continue d’évoluer entre 0,8 et 1. Et l’incidence doit encore baisser, afin que la campagne de vaccination puisse se dérouler sans entrave.

A la question de savoir si les chiffres positifs évoqués ce mardi doivent préparer des annonces de relâchement du Conseil fédéral demain, Virginie Masserey, responsable de la section des maladies infectieuses, répond: «Ni l’un ni l’autre. Notre attitude est indépendante des réflexions du Conseil fédéral.»

Les vaccinations. «Les vaccinations progressent bien», assure Virginie Masserey (lire aussi ci-dessous). 100 000 personnes ont déjà reçu les deux doses du vaccin. Les cantons ont reçu à ce jour 783 000 doses de vaccins et ont procédé à 548 000 injections, soit 6,4 doses pour 100 habitants.

Actuellement, la priorité demeure aux personnes vulnérables et aux soignants.

Un flou sur les «maladies chroniques». Ces temps, l’accent est mis sur les personnes victimes de maladies chroniques. A ce sujet, la responsable concède qu’il y a eu «une certaine confusion» lors des procédures d’inscription en ligne, un flou résidant sur les maladies concernées.

Ainsi, l’hypertension ne fait pas partie de la liste.

Des vaccinés ordinaires avant l’été. Virginie Masserey ajoute qu’à ses yeux, les personnes «hors des listes prioritaires», donc tout un chacun, devraient avoir accès aux vaccinations dès le mois de mai. «Toutes les personnes qui le souhaitent» devraient pouvoir être vaccinées d’ici à l’été.

Les variants, c’est complexe. «Nous ne parlons pas de pandémie dans la pandémie», lance Virginie Masserey à propos de la montée des variants dans les contaminations. Position tranchée alors que les réponses des responsables à ce sujet se révèlent assez complexes.

Dans l’ensemble, affirme Patrick Mathys, les différents variants représentent environ 27% des infections. L’OFSP parle d’un doublement de la part des variants tous les sept à dix jours.


■ 1075 nouveaux cas en 24 heures

La Suisse compte mardi 1075 cas supplémentaires de coronavirus en 24 heures, selon les chiffres de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). 35 décès supplémentaires sont à déplorer et 62 malades ont été hospitalisés.

Durant les dernières 24 heures, les résultats de 24 140 tests ont été transmis, indique l’OFSP. Le taux de positivité s’élève à 4,45%. Sur les quatorze derniers jours, le nombre total d’infections est de 16 610. Sur les deux dernières semaines, le pays compte ainsi 192,14 nouvelles infections pour 100 000 habitants. Le taux de reproduction, qui a un délai d’une dizaine de jours, est lui de 0,88.

Au total, 782 675 doses de vaccin ont été livrées aux cantons, dont 541 231 ont été administrées. Depuis le début de la pandémie, 544 282 cas de contamination au Covid-19 ont été confirmés en laboratoire sur un total de 4 764 217 tests effectués en Suisse et au Liechtenstein. Le total des décès s’élève à 9106 et le nombre de personnes hospitalisées atteint 22 855.

Le pays dénombre par ailleurs 14 186 personnes en isolement et 24 144 individus faisant partie de leurs contacts ont été mis en quarantaine. S’y ajoutent 3556 autres personnes revenant de voyage d’un pays à risque et qui ont dû aussi passer par la case de la quarantaine.


■ L’Allemagne va généraliser tests gratuits et les auto-tests

«A partir du 1er mars, tous les citoyens doivent pouvoir être testés gratuitement par du personnel formé aux tests rapides antigéniques. Ils sont désormais suffisamment disponibles sur le marché», a annoncé le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn.

«Les municipalités peuvent demander à leurs centres de test ou à leurs pharmacies de proposer ces tests», a-t-il précisé. Le coût de ces tests devrait être pris en charge par l’Etat fédéral, selon l’agence DPA. Des tests à pratiquer soi-même «devraient également être accessibles à tous après leur approbation» par l’Institut fédéral des médicaments et des matériels médicaux. Une contribution d’un euro en échange d’un test est actuellement à l’étude, selon plusieurs médias allemands.


■ Un instantané: les salons de coiffure sont fermés en Lettonie

A Riga, contrainte par les mesures sanitaires de fermer son salon, une coiffeuse a décidé de recevoir ses clients en plein air, sur la glace d’un lac gelé.


■ Le couvre-feu aux Pays-Bas «doit être levé immédiatement», selon la justice

Un tribunal de La Haye a statué ce mardi que le gouvernement néerlandais doit mettre fin au couvre-feu en vigueur.

«Le couvre-feu doit être levé immédiatement», a annoncé le tribunal dans un communiqué, estimant que «l’urgence particulière» requise pour instaurer une telle mesure n’a pas été démontrée. Selon la loi spéciale, le couvre-feu est prévu pour des «circonstances très urgentes et exceptionnelles». «Le couvre-feu est une violation profonde du droit à la liberté de mouvement et à la vie privée», nécessitant donc «un processus décisionnel très minutieux», a-t-il ajouté.

L’affaire avait été portée devant la justice par un groupe protestant contre l’instauration du couvre-feu. Peu après son instauration, les Pays-Bas ont connu leurs pires émeutes depuis plusieurs décennies.


■ Tensions entre politiciens du Centre après un carnaval illégal

Gerhard Pfister, le président du Centre (l’ex-PDC), critique le conseiller national de son parti Alois Gmür qui a pris part au carnaval organisé illégalement lundi à Einsiedeln en dépit de la pandémie.

Plus de 1000 personnes se sont rassemblées lundi pour marquer le début du carnaval à Einsiedeln, dans le canton de Schwytz, malgré l’annulation de l’événement et l’interdiction de rassemblement en raison de la pandémie. La foule s’est dispersée lorsque la police a commencé à distribuer des amendes à une centaine de personnes. Une cinquantaine de jeunes ont continué à faire la fête dans le bourg durant la soirée. Fortement alcoolisés, ils ne se sont pas tenus aux règles en vigueur et ont lancé des bouteilles en verre et des pétards sur les forces de l’ordre, avant que le rassemblement ne soit finalement dissout, raconte l’ATS.

Gerhard Pfister n’a pas épargné son collègue Alois Gmür. La participation du politicien schwyzois à ce rassemblement sauvage ne reflète pas la position du parti, indique le président du Centre et conseiller national zougois.


■ Des Nord-Coréens ont tenté de pirater Pfizer

Des hackers nord-coréens ont cherché à pénétrer sur les systèmes informatiques du géant pharmaceutique Pfizer pour trouver des informations sur le vaccin et les traitements contre le coronavirus, rapportent ce matin des médias citant les services de renseignement sud-coréens.

Le Service national du renseignement «nous a informés de ce que la Corée du Nord avait tenté d’obtenir des technologies comprenant le vaccin et des traitements contre le covid au moyen d’une cyberattaque pour pirater Pfizer», a déclaré aux journalistes le député sud-coréen Ha Tae-keung, que relaie l’AFP.


■ Un point sur les distributions de vaccins

L’agence AFP a entamé un comptage régulier des commandes et distributions de vaccins au niveau international. Elle indique ce mardi matin que plus de 177,6 millions de doses de vaccins antiCovid ont été administrées dans le monde. Pour l’heure, plus de neuf doses sur dix ont été injectées dans des pays à revenu «élevé» ou «intermédiaire de la tranche supérieure» au sens de la Banque mondiale.

Parmi les pays moins fortunés, le Zimbabwe a reçu lundi un premier lot de 200 000 doses du vaccin développé par Sinopharm, offertes par la Chine.


■ L’OMS homologue le vaccin AstraZeneca/Oxford

Lun soir, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé qu’elle valide d’urgence le vaccin anti-Covid d’AstraZeneca/Oxford, une décision qui va permettre au dispositif Covax, mis en place pour assurer un accès équitable au vaccin, d’en commencer la distribution. Ce vaccin représente l’immense majorité des 337,2 millions de doses que Covax entend distribuer au premier semestre essentiellement à des pays pauvres.