Le tribunal de Milan qui juge Silvio Berlusconi dans une affaire de corruption présumée de magistrats ne lâche pas prise. Lundi, à la veille du début du semestre italien à la tête de l'UE, il a décidé de saisir la Cour constitutionnelle au sujet de la loi accordant l'immunité au chef du gouvernement et aux quatre autres plus hautes charges de l'Etat, adoptée mercredi 18 juin par le parlement italien. Les juges du tribunal ont estimé que les critiques sur l'anticonstitutionnalité de cette loi soulevées par le Parquet et la partie civile «ne sont manifestement pas infondées». Dans l'attente de la décision de la cour, qui peut prendre plusieurs mois, le procès reste gelé.

La représentante du Parquet, Ilda Boccassini, et la partie civile avaient estimé mercredi dernier que la nouvelle loi accordant l'immunité aux cinq plus hauts responsables de l'Etat, dont Berlusconi, jusqu'à la fin de leur mandat était «ouvertement anticonstitutionnelle». Elle serait, selon ses détracteurs, contraire à plusieurs principes fondamentaux de la Constitution, notamment l'égalité entre les citoyens et le droit des victimes à obtenir réparation.

Réagissant à la nouvelle sur Europe 1, Silvio Berlusconi a déclaré: «85% de la presse italienne est de gauche, et les juges, c'est pire. Il y a un cancer en Italie que nous devons soigner, c'est la politisation de la magistrature.» «L'impunité, c'est celle des juges qui font des accusations fausses, et en sont encore à organiser des groupes de pouvoir», a encore déclaré le président du Conseil.