«Il ne faut pas modifier une loi hongroise juste parce qu’elle est sujette à des critiques étrangères», a déclaré mardi matin le secrétaire d’Etat responsable pour la communication, Zoltan Kovacs, à la radion nationale MR.

«Avant de critiquer, attendons de voir comment fonctionne cette loi, nous n’avons aucun doute qu’elle sera à la hauteur de l’épreuve», a-t-il ajouté en soulignant que Budapest allait répondre mercredi ou jeudi aux critiques de Bruxelles, car la traduction de la loi en anglais n’était pas encore terminée.

Appel lancé par Bruxelles Selon Zoltan Kovacs, les critiques envers la loi sur les médias ne sont en fait «qu’un prétexte pour attaquer les décisions du gouvernement des sept derniers mois».

La Commission européenne a elle émis des «doutes» sur la loi hongroise, notamment sur l’indépendance de l’autorité des médias, et a demandé des «clarifications» à Budapest.

Mardi matin, la France a elle aussi exigé une modification du texte, comme d’autres gouvernements de l’UE, notamment l’Allemagne. Cette loi «est incompatible avec l’application d’une certaine idée de la liberté de la presse, validée par tous les traités européens», a déclaré le porte-parole du gouvernement français, François Baroin, sur la radio France Inter.

Demande Entrée en vigueur le 1er janvier, la nouvelle loi hongroise prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à 730 000 euros pour des chaînes de radio-télévision en cas «d’atteinte à l’intérêt public, l’ordre public et la morale», ou encore des «informations partiales», sans que ces concepts soient clairement définis.

Elle permet aussi à la nouvelle autorité des médias de contraindre les journalistes à révéler leurs sources sur les questions relevant de la sécurité nationale.

Par ailleurs, la Commission européenne a également exigé des explications sur la «taxe exceptionnelle», qui frappe essentiellemnt les sociétés étrangères multinationales. Ces deux affaires ternissent les débuts de la présidence semestrielle hongroise, qui doit être inaugurée jeudi à Budapest en présence des dirigeants de l’UE.