En mars 2003, après des semaines de mensonges, le pouvoir chinois n'avait levé le voile sur l'étendue de la crise du SRAS que sous la pression de l'OMS et de la presse internationale. Pékin donna alors un coup de balai en renvoyant son ministre de la Santé et promit plus de transparence à l'avenir. Celle-ci se fait pourtant toujours attendre, comme le déplorait encore vendredi dernier l'OMS à propos de la gestion de la grippe aviaire. «La situation en Chine est confuse», a déclaré à l'AFP Julie Hall, l'une des responsables de l'OMS à Pékin. «Nous ne savons vraiment pas combien de souches de virus il y a en Chine, car le Ministère chinois de l'agriculture ne partage pas toutes les informations et que nous n'avons pas obtenu les échantillons que nous réclamons.» L'experte en maladies contagieuses réagissait aux conclusions de chercheurs de Hongkong et des Etats-Unis qui affirment qu'une nouvelle souche du virus H5N1 a été détectée dans le sud de la Chine, ce que dément le gouvernement chinois. La mauvaise volonté chinoise pourrait s'expliquer par l'ambition du pays de mettre au point son propre vaccin. Quatorze personnes sont mortes de la grippe aviaire depuis un an en Chine.