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Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse, le 18 mai 2018 à Genève.
© FABRICE COFFRINI / AFP Photo

Santé

L’OMS dit contrôler l’épidémie d’Ebola en RD Congo

Le Comité d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé estime qu’à ce stade, il n’est pas nécessaire de déclarer une urgence de santé publique de portée internationale. Mais, dit-il, il faut maintenir un dispositif musclé pour l’éradiquer

Réuni par téléconférence vendredi après-midi à la demande du directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, le Comité d’urgence de l’organisation a tranché: il n’y a pas lieu de déclarer une urgence de santé publique de portée internationale face à l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui touche actuellement la République démocratique du Congo. Mais, explique le président du comité Robert Steffen, «le risque de propagation internationale est particulièrement grand.»

Ce dernier a précisé vendredi en conférence de presse au Palais des Nations à Genève qu’entre le 4 avril et le 17 mai, 45 cas de contamination par Ebola ont été déclarés près des villes d’Iboko et de Mbandaka. Vingt-cinq morts sont à déplorer. Des 45 cas, 14 ont été confirmés. Selon le président du comité, la vigilance demeure de rigueur, car l’épicentre de l’épidémie, la province de l’Equateur au nord-est de Kinshasa, est connecté au Congo-Brazzaville, à la République centrafricaine et à l’Angola par le fleuve Congo, considéré dans la région comme une véritable «autoroute» empruntée par de nombreux voyageurs.

Mbandaka touchée

Si cette neuvième épidémie d’Ebola en RDC s’est déclarée à Bikoro, une zone rurale à près de quinze heures de moto de la ville la plus proche, le premier cas identifié à Mbandaka, ville de 1,2 million d’habitants, pourrait susciter de vives inquiétudes, car la lutte contre le virus dans des milieux urbains pauvres est jugée beaucoup plus problématique. Mais Robert Steffen relativise pour l’heure le risque: «Nous suivons de très près ceux qui ont été en contact avec la personne en question. Ce seul cas n’est pas très sérieux. Par ailleurs, trois autres cas en ville ont été importés par des paysans ayant assisté à des funérailles.»

Neuf pays voisins ont été priés de rester en état d’urgence élevée. Une équipe de l’OMS est déployée à la frontière entre la RDC et le Congo-Brazzaville. Les ministres de ces mêmes pays vont se rencontrer en marge de l’Assemblée mondiale de la santé qui commence lundi à Genève afin d’élaborer la meilleure stratégie pour venir à bout de l’épidémie. Des contrôles ont été introduits à l’aéroport de la capitale Kinshasa ainsi que dans les plusieurs dizaines de ports le long du fleuve Congo.

«Il faut une forte mobilisation politique»

Mesurant l’importance et le risque d’une telle crise alors qu’il n’est en fonction que depuis un an, Tedros Adhanom Ghebreyesus a martelé la nécessité de tout mettre en œuvre pour vaincre l’épidémie: «Il faut une forte mobilisation politique. Ce qui s’est passé en 2014 ne doit plus se passer.» L’Ethiopien se réfère à la réponse trop tardive de son organisation à l’épidémie d’Ebola qui a ravagé le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée il y a deux ans, faisant plus de 11 000 morts. En l’occurrence, il nourrit un certain optimisme, relevant les grands efforts de coordination entrepris par le gouvernement congolais.

Sont mobilisés sur place MSF, le Programme alimentaire mondial, mais aussi l’Organisation internationale pour les migrations, qui a dépêché sur place des épidémiologistes et des équipes médicales. Le CICR lui-même a mobilisé plus de 200 volontaires. Des laboratoires mobiles sont érigés. Le Comité d’urgence se félicite de la réaction rapide à l’épidémie dont les premiers cas ont été officiellement confirmés le 8 mai dernier.

10 000 vaccinations

Les experts de l’OMS relèvent qu’une campagne de vaccination va commencer dès dimanche, avec une priorité particulière pour la ville de Mbandaka. Selon Peter Salama, responsable du Programme de gestion des situations d’urgence à l’OMS, la campagne procédera par «cercles concentriques» autour des cas de contamination. Quelque 150 vaccinations sont prévues pour chaque cas identifié. L’important est de recenser les personnes qui ont été en contact avec des gens potentiellement infectés. L’OMS parle d’environ 530 contacts. Au total, entre 8000 et 10 000 vaccinations seront administrées au cours des deux prochaines semaines. «Mais, ajoute le directeur général de l’OMS, nous ne nous reposons pas seulement sur les vaccins. Ceux-ci ne sont qu’un élément d’une réponse globale.» Robert Steffen est pour sa part catégorique: il faut maintenir un dispositif musclé pour éviter que la situation ne dérape.

«Pour l’heure, sur les 26 millions de dollars demandés dans le cadre du plan de lutte contre l’épidémie prévu pour trois mois, 9 millions ont été confirmés. Cela peut paraître beaucoup, mais quand on traite d’un tel virus, les coûts peuvent vite devenir très importants. La crise d’Ebola de 2014-2016, rappelle Peter Salama, a eu un coût évalué entre 3 et 4 milliards de dollars.»

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