grippe H1N1

L’OMS promet 5 milliards de vaccins en un an

En marge de l’Assemblée mondiale de la santé, Margaret Chan a rencontré les entreprises pharmaceutiques

Le Japon est la nouvelle inquiétude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans la région d’Osaka et de Kobe, 178 cas ont été déclarés et les milieux sanitaires craignent la présence d’un foyer autonome de la grippe A(H1N1). Mardi, la directrice générale de l’OMS, la Chinoise Margaret Chan, a toutefois voulu apporter des nuances: «J’aimerais tout d’abord remercier le Japon pour sa transparence et sa communication rapide. Mais certains cas n’ont pas de lien entre eux. La situation est pour l’heure semblable à celle qui prévaut au Royaume-Uni.» Margaret Chan ne juge pas opportun de passer à la phase d’alerte 6, qui annoncerait officiellement l’apparition de la première pandémie de grippe du XXIe siècle. La patronne de l’OMS rappelle que les plans d’urgence ont été élaborés lors de l’apparition du virus H5N1 de la grippe aviaire. Ils sont basés avant tout sur l’un des virus les plus «toxiques» qui soit et qui tue dans près de 60% des cas de contamination. «Le virus H1N1 a un diagnostic clinique totalement différent», précise Margaret Chan.

10 000 contaminations

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, ne jure pour sa part que par trois mots: coordination, solidarité et vigilance. «Un monde plus sain est un monde meilleur», a-t-il déclaré. Il exhorte les Etats à poursuivre la recherche et à partager la technologie pour faire face à cette crise sanitaire qui a déjà provoqué près de 10 000 contaminations et 79 morts dans 40 pays.

L’OMS a réuni mardi à Genève une trentaine de fabricants de vaccins, dont Novartis, Sanofi, Solvay et GSK. Elle pense que ces sociétés pharmaceutiques du Nord et du Sud, réparties dans 19 pays, seront à même de produire 4,9 milliards de doses de vaccin contre la grippe A en un an, soit 94,3 millions de doses par semaine. Margaret Chan a avoué ne pas savoir encore s’il faudra une ou deux doses pour immuniser la personne vaccinée. La directrice de l’OMS, qui rappelle que les capacités de production mondiale ont sensiblement augmenté depuis l’apparition de la grippe aviaire voici cinq ans, a cependant insisté pour que de tels vaccins soient vendus à des prix raisonnables. Elle relève que certaines entreprises pharmaceutiques ont promis des dons et que d’autres étaient prêtes à mettre à disposition un pourcentage de la production. Des discussions sont aussi menées avec des fondations, GAVI et la Banque mondiale pour financer la production. Novartis, qui a reçu la souche du virus, est prête à démarrer la production, mais la société bâloise attend le feu vert de l’OMS qui ne sera donné que lorsque le degré d’alerte passera en phase 6.

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