C’est fait. Et c’est une première historique! Tard mercredi soir, l’Organisation mondiale de la santé, après avoir réuni son Comité d’urgence, a décidé d’élever à 5 (sur 6) son niveau d’alerte à la pandémie de grippe «porcine». Ceci entre autres sur la base des nouveaux événements survenus aux Etats-Unis (lire ci-dessous).

D’après l’échelle de l’OMS, datant de 2005, le déclenchement de la phase 5 est un «signal fort qu’une pandémie est imminente», le virus se transmettant de manière importante d’humain à humain, et qu’il ne reste que très peu de temps pour s’y préparer. «Cette grippe doit être prise au sérieux, car elle peut désormais se propager dans tous les pays», a déclaré Margaret Chan, directrice de l’OMS. Avant de souligner que – point positif – «le monde était plus préparé que jamais pour y faire face».

Dans son allocution aux médias, la Chinoise a remercié tous les pays d’avoir mis à disposition leurs relevés des cas, surtout le Mexique, le Canada ou les Etats-Unis. «Je remercie le gouvernement américain qui non seulement aide l’OMS, mais participe aussi aux investigations menées sur le terrain au Mexique. Le président Obama fait tout ce qui est requis et le fait de façon robuste et sérieuse.» Selon elle, grâce également à tous les dispositifs mis en place depuis les alertes de grippe de ces dernières années, «c’est la première fois que l’on peut traquer l’évolution d’une pandémie en temps réel».

«Tous les Etats doivent activer leur plan d’urgence contre la pandémie, accroître la surveillance, identifier les foyers an amont et traiter les cas déclarés au plus vite», a poursuivi Margaret Chan, qui en appelle aux fabricants de médicaments antiviraux à tout mettre en œuvre pour en augmenter la production. «J’en appelle à la solidarité globale», a-t-elle demandé. Avant de conclure: «Tous ces efforts vont bénéficier à l’entier de l’humanité, car c’est l’humanité qui est menacée. Nous n’avons pas encore toutes les réponses [aux questions concernant le virus]. Mais nous les aurons. Nous les aurons!»