La directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Margaret Chan ouvrira lundi matin la réunion du comité d’experts, a précisé la directrice de la communication de l’OMS Christine Feig. Le comité procédera ensuite à l’élection de son président et vice-président et fixera son agenda. Les représentants des 194 Etats membres de l’OMS sont invités comme observateurs à la réunion, ainsi que des représentants de la société civile. Tous pourront faire des commentaires.

Le comité examinera le fonctionnement du Règlement sanitaire international dans le contexte de la grippe A et fera des recommandations à Margaret Chan. Celle-ci dressera un premier bilan devant l’Assemblée mondiale de la santé, en mai, pour présenter un rapport final à l’Assemblée de mai 2011, indique l’OMS.

Liens avec l’industrie pharmaceutique

La réunion de ce comité fait suite à une décision du Conseil exécutif de l’OMS en janvier et à des critiques croissantes, notamment au niveau du Conseil de l’Europe, à l’égard de la gestion de la crise par l’agence de l’ONU depuis un an. Wolfgang Wodarg, président de la commission santé du Conseil de l’Europe, avait par exemple accusé les lobbys pharmaceutiques et les gouvernants d’«organiser la psychose». «On en n’était à même pas mille malades que l’on parlait déjà de pandémie du siècle», a-t-il regretté.

Tous les membres du comité d’experts de l’OMS ont dû signer une déclaration destinée à éviter les conflits d’intérêts, notamment pour clarifier leurs liens avec l’industrie pharmaceutique. La liste des 29 membres du comité n’a pas encore été rendue publique en attendant l’examen de cette déclaration, a expliqué Christine Feig. Il s’agit d’experts de la santé reconnus pour leurs compétences sur le plan international, précise l’OMS. La pandémie de grippe A a été la première crise sur le plan mondial depuis l’entrée en vigueur en 2007 du nouveau Règlement sanitaire international qui prévoit des mécanismes d’information et de coordination entre Etats.

17’500 décès

La grippe A (H1N1) est à l’origine, depuis avril 2009, de 17’500 décès confirmés en laboratoires, selon l’OMS. Ce chiffre est minime par rapport aux millions de morts redoutés lors d’une pandémie et aux 250’000 décès provoqués par la grippe saisonnière chaque année.

Les gouvernements ont commencé à détruire des millions de doses de vaccins inutilisées, commandées à l’industrie pharmaceutique, et qui sont périmées. La grippe dite porcine est apparue au Mexique il y a exactement un an pour s’étendre rapidement, en trois mois, à pratiquement tous les pays, mais le virus est resté peu dangereux dans la très grande majorité des cas.