Plus de la moitié de la population mondiale vit dans des villes, dont un milliard d’êtres humains dans des bidonvilles insalubres. A l’occasion de la Journée mondiale de la santé, l’OMS a lancé mercredi une campagne mondiale pour améliorer la santé des citadins.

Pratiquement toute la croissance de la population mondiale aura lieu dans les villes au cours des 30 prochaines années. En 2030, six habitants sur dix de la planète seront des citadins, contre quatre sur dix en 1980. Or, l’urbanisation rapide et souvent mal planifiée a des conséquences nuisibles pour la santé, a averti la directrice générale de l’OMS, Margaret Chan.

Triple menace

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénonce une triple menace: des maladies infectieuses exacerbées par des conditions de vie médiocres; des affections chroniques alimentées par le tabagisme, la mauvaise alimentation, la sédentarité et l’abus d’alcool; et enfin des accidents et traumatismes dus à la circulation automobile, à la violence et à la criminalité.

Dans de nombreuses villes, le cadre réglementaire est souvent insuffisant, les services laissent à désirer, les logements sont médiocres, l’eau potable manque ainsi que les systèmes d’assainissement.

La surpopulation dans les bidonvilles est une cause majeure de propagation des maladies. L’OMS estime qu’1,5 milliard de citadins sont confrontés à des niveaux de pollution de l’air trop élevés et cette pollution tue 1,2 million de personnes chaque année.

Enormes disparités

Les villes sont aussi caractérisées par d’énormes disparités, aussi bien dans les pays pauvres que dans les pays riches. L’OMS prévoit que ces disparités s’aggravent dans les prochaines années sous l’effet combiné de l’immigration, de la démographie et de la pénurie de ressources.

La différence d’espérance de vie peut atteindre 28 ans entre les quartiers défavorisés et les quartiers riches d’une ville européenne comme Glasgow, au Royaume-Uni, signale l’agence de l’ONU. A Nairobi, au Kenya, un enfant vivant dans un bidonville a quatre fois plus de chances de mourir avant l’âge de cinq ans qu’un enfant des quartiers plus aisés.

Les maladies non transmissibles sont en augmentation dans le monde. Or, les cardiopathies, l’hypertension, le diabète et l’obésité sont liées aux modes de vie urbains.

Margaret Chan lance un appel à la mobilisation des villes. La Journée consacrée à l’urbanisation et la santé doit donner le point de départ à toute une série d’activités organisées au niveau local ou régional en associant un large éventail de partenaires.

La campagne «1000 villes 1000 vies», lancée simultanément sur plusieurs continents, encourage les responsables et les individus à lancer des actions concrètes en faveur de la santé. Les villes sont invitées par exemple à fermer certaines rues à la circulation des véhicules et à les ouvrir à des activités de promotion de la santé entre ce mercredi et dimanche 11 avril.

Des actions de nettoyage ou de solidarité, comme des visites aux malades ou aux institutions médicales ainsi qu’aux communautés défavorisées, sont également encouragées. Jusqu’ici, 1300 villes dans le monde se sont associées à cette campagne, selon l’OMS.

Un rapport sur les inégalités en matière de santé urbaine sera publié d’ici la fin de l’année et un Forum mondial aura lieu sur le sujet à Kobe (Japon) du 15 au 17 novembre.