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Barack et Michelle Obama accueillis par la Reine Elisabeth II et le prince Philippe, à Windsor.  
© Alastair Grant

Diplomatie

A Londres, Obama se lance dans la bataille du Brexit

Sa tribune appelant les Britanniques à rester dans l'UE a ulcéré les partisans du Brexit, au point que Downing Street a dû recadrer le maire de Londres, Boris Johnson. La visite de Barack Obama à Londres ne passe pas inaperçue

A peine arrivé au Royaume-Uni, le président américain Barack Obama s'est livré à un vibrant plaidoyer en faveur du maintien de son allié britannique au sein de l'Union européenne, s'attirant les foudres des partisans d'un Brexit.

«L'Union européenne ne diminue pas l'influence britannique - elle l'amplifie», a écrit M. Obama dans une tribune au ton très personnel parue dans le quotidien Daily Telegraph, quelques heures après l'atterrissage de son avion à Londres.

Sachant que la question allait forcément surgir pendant sa conférence de presse commune avec le premier ministre britannique David Cameron dans l'après-midi, le chef de la Maison Blanche a pris les devants, sans ambiguïté, à deux mois du référendum sur l'UE.

«Les Etats-Unis et le monde ont donc besoin que votre énorme influence continue à s’exercer, y compris au sein de l'Europe», a-t-il insisté dans sa longue tribune, un parti pris peu habituel à l'égard des affaires intérieures d'un autre pays.

Lire: Barack Obama s’immisce dans le débat sur le Brexit

Les attaques de Boris Johnson contre Barack Obama

Les partisans d'un Brexit ont aussitôt hurlé à l’ingérence. «Faites ce que je dis et non ce que je fais», a déploré l'exubérant maire de Londres, Boris Johnson, dans le quotidien populaire Sun, dénonçant «l’hypocrisie» et «l'incohérence» du président américain.

Dans le Sun, «BoJo» ne fait pas que critiquer les propos de M. Obama. Il redonne également vie à un vieux mythe selon lequel le buste de Churchill «a été retourné, sans aucune cérémonie, à l'ambassade de Grande-Bretagne à Washington au premier jour du gouvernement Obama».

Cette histoire refait régulièrement surface, mais passe souvent sous silence le fait que la décision de renvoyer le buste avait en fait été prise par George W. Bush, le prédécesseur de M. Obama à la Maison Blanche. En Grande-Bretagne, l'épisode est parfois utilisé par les «Obama-sceptiques» pour critiquer le président américain, dont Boris Johnson a par ailleurs rappelé les racines kényanes.

Signe des tensions et des rivalités agitant le pays, les services du Premier ministre David Cameron ont aussitôt épinglé M. Johnson. Le maire de Londres «devrait se concentrer sur les faits», a sèchement commenté un porte-parole de M. Cameron, qui milite pour un maintien dans l'UE.

Le petit-fils de Churchill, Nicholas Soames, un député conservateur europhile, a également dénoncé sur Twitter les «propos stupides, insignifiants et vides» du maire de Londres.

Un président antibritannique?

«Obama n'aime pas beaucoup les Britanniques. Son grand-père a grandi au Kenya, une ancienne colonie britannique. Ca lui reste en travers de la gorge», a aussi déclaré à l'AFP Nigel Farage, le chef du parti anti-immigration Ukip. Il a dénoncé «une ingérence malvenue de la part du président américain le plus antibritannique qui ait jamais existé». «Heureusement, il quitte bientôt ses fonctions», a-t-il ajouté.

«Les eurosceptiques feraient mieux de se taire. L'intervention personnelle inhabituelle de M. Obama pourrait faire basculer les indécis et conforter le camp des pro-UE»,explique de son côté à l'AFP Richard G. Whitman, professeur en relations internationales à l'Université de Kent.

Selon un sondage express réalisé par Sky Data, 60% des Britanniques jugent que M. Obama ne devrait pas intervenir dans le débat. Mais 25% se déclarent plus enclins à voter pour le maintien dans l'UE après son plaidoyer, contre 17% à penser le contraire.

Royal Obama

Accompagné par son épouse Michelle, Barack Obama a entamé sa cinquième -et sans doute ultime - visite au Royaume-Uni en tant que président américain par un déjeuner avec Elizabeth II, qui avait fêté la veille ses 90 ans.

Sous un ciel gris, le couple Obama a été accueilli par la reine et son époux, le prince Philip, à la descente de l'hélicoptère, au pied du château de Windsor, situé à une quarantaine de kilomètres de Londres.

La presse britannique cherche désespérément à impliquer Elizabeth II dans le débat sur le Brexit. Mais Buckingham Palace insiste sur le devoir de réserve et la neutralité à toutes épreuves de cette dernière.

«Un appel au cœur»

Après ce déjeuner royal, Barack Obama devait gagner le 10 Downing Street pour s'entretenir avec David Cameron, qui se bat pour convaincre ses concitoyens de rester dans l'UE, les sondages continuant à prédire un résultat serré.

La lutte internationale contre le groupe Etat islamique, la Libye et la situation en l’Afghanistan étaient au menu des discussions. En ce qui concerne les questions de sécurité aussi, M. Obama insiste sur l'intérêt d'un maintien du Royaume-Uni dans l'UE.

«Les dizaines de milliers d'Américains qui reposent dans les cimetières européens prouvent à quel point notre prospérité et notre sécurité sont entremêlées», a ainsi relevé le président, évoquant la participation des forces américaines aux deux guerres mondiales.

«Sa tribune est surprenante. On pensait qu'il allait en appeler à la raison et il fait appel au cœur, utilisant des termes employés d'habitude pour des cérémonies de commémoration», note Richard G. Whitman.

L'Europe s'impose

Pendant ses sept années à la Maison Blanche, Barack Obama a cherché à désengager son pays des conflits au Moyen-Orient tout en se tournant vers les pays asiatiques aux économies en pleine croissance.

Mais les crises de la dette souveraine, les attentats à Paris et Bruxelles, et maintenant un possible Brexit ont remis l'Europe au premier plan de ses préoccupations.

«Les Etats-Unis ne veulent pas risquer de nouveaux problèmes sécuritaires en Europe», souligne Richard G. Whitman .

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