Le gouvernement britannique a annoncé mercredi vouloir autoriser de nouveaux forages pétroliers et gaziers en mer du Nord, ce qui passe mal auprès des ONG à quelques mois de l'organisation par le Royaume-Uni de la COP26. Cette annonce intervient dans le cadre d'un accord dévoilé mercredi avec le secteur des hydrocarbures sur la transition énergétique en mer du Nord, qui promet de n'autoriser que des projets d'exploration qui seraient compatibles avec l'objectif du pays d'être neutre en carbone d'ici 2050.

Les hydrocarbures en mer du Nord britannique restent stratégiques pour le Royaume-Uni, puisqu'ils sont sources de rentrées fiscales importantes, contribuent à répondre à ses besoins énergétiques et sont un gros pourvoyeur d'emplois. Le gouvernement entend toutefois fortement réduire l'empreinte carbone du secteur de l'énergie en mer du Nord, tout en protégeant 40 000 emplois. L'extraction de pétrole et de gaz dans la région est responsable de 3,5% des émissions de gaz à effet de serre du Royaume-Uni.

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Le scepticisme des mouvements écologistes

L'objectif de l'accord annoncé mercredi est que le secteur réduise de 50% ses émissions d'ici 2030, grâce à des investissements de l'industrie et des pouvoirs publics de 16 milliards de livres. Cette baisse de la pollution sera obtenue en alimentant les plateformes pétrolières et gazières grâce à des énergies renouvelables, par des projets de captage et stockage du CO2 ou encore par la production d'hydrogène.

Le gouvernement va par ailleurs arrêter de soutenir financièrement des projets à l'étranger d'énergies fossiles à partir du 31 mars. La France, à titre de comparaison, va mettre fin en 2025 aux garanties de financement des exportations pour les projets d'exploitation pétrolière, et 2035 pour le gaz. «Nous envoyons un message clair au monde selon lequel le Royaume-Uni va devenir une nation avec une énergie propre», a déclaré Kwasi Kwarteng, ministre britannique des Entreprises.

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Mais les mouvements de défense de l'environnement ne sont pas convaincus. Pour Mel Evans, de l'ONG Greenpeace, refuser de renoncer aux nouveaux permis pétroliers et gaziers «est un échec total quand il s'agit d'être un exemple sur le climat l'année de la COP26», la conférence sur le climat organisée en novembre à Glasgow. Jonathan Marshall, un responsables du groupe de réflexion Energy and Climate Intelligence Unit (ECIU) estime que l'absence de date pour l'arrêt de l'extraction en mer du Nord est «un oubli flagrant».

Premier producteur d'or noir de l'Union européenne depuis le Brexit, le Danemark avait lui annoncé en décembre dernier qu'il allait cesser l'exploitation du pétrole et du gaz en mer du Nord en 2050.

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