Avec ses longs cheveux et son immense barbe grise qui lui arrive à la poitrine, Alan MacDonald a de faux airs de Gandalf, le magicien du Seigneur des anneaux. Ses colères sont, de même, tonitruantes. «Je ne voulais pas sortir de l’Europe, moi! tonne-t-il, haussant soudain la voix. L’Angleterre est en train de forcer l’Ecosse à sortir de l’Union européenne contre son gré. Ça me met dans une rage folle!»

Dans ce pub de Glasgow où il vient presque quotidiennement en milieu d’après-midi, Alan MacDonald («Apprenez à épeler mon nom convenablement, avec un «a» à «Mac»!) passe pas mal de temps à essayer de convaincre les clients qui ont le malheur de se retrouver sur la même banquette moelleuse que lui. L’homme est membre du Scottish National Party (SNP), le parti indépendantiste, depuis 1979 et rêve désormais d’un deuxième référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. «Quand je suis devenu membre, on était franchement un mouvement marginal. Aujourd’hui, on est le principal parti et, d’ici deux ou trois ans, on sera indépendants.»