Les Nations unies ont clairement montré du doigt vendredi l'armée soudanaise à propos d'un massacre de civils commis à la mi-novembre dans un village du Darfour, la province de l'ouest du Soudan ravagée par un conflit économico-politique.

Une centaine d'habitations ont été incendiées durant l'attaque lancée le 11 novembre contre la localité de Sirba, faisant onze morts et huit blessés par balles parmi les civils, dont deux filles âgées de 3 et 15 ans, a dénoncé le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme. Du bétail et des biens ont aussi été pillés.

«Contrairement aux affirmations du gouvernement, il semble que les forces armées soudanaises ont lancé une attaque délibérée et non provoquée contre des civils et leurs biens à Sirba», a indiqué la porte-parole du Haut-Commissariat à Genève, Praveen Randhawa.

La haut-commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, s'était jusqu'à présent cantonnée à dénoncer l'inaction, voire «la complicité», de Khartoum dans les attaques menées par les milices arabes contre les ethnies africaines au Darfour depuis le début de la guerre civile en 2003.

Réponse aveugle et disproportionnée

Selon l'ONU, les autorités soudanaises ont expliqué que leur intervention à Sirba était la réplique à une attaque lancée le même jour par un mouvement rebelle contre un convoi de l'armée, au cours de laquelle 13 rebelles auraient été tués dans ce secteur proche de la frontière tchadienne.

Aucune preuve de cette attaque n'a été trouvée, a indiqué Praveen Randhawa. Même dans le cas où une attaque rebelle aurait eu lieu préalablement, la réponse de l'armée soudanaise a été aveugle et disproportionnée, a dénoncé la porte-parole, rappelant que la destruction de biens civils est interdite par le droit international humanitaire. Cette attaque avait été révélée le 13 novembre par des sources de l'Union africaine qui avaient mis en cause les milices arabes Janjawid.