Au terme de deux jours de session extraordinaire, le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a adopté lundi, par consensus, une résolution condamnant les violences dans le Kivu. Présentée par le Groupe africain et amendée à la suite d'intenses tractations avec l'Union européenne - qui avait appelé la session de ses vœux - cette résolution exige en termes fermes la «cessation immédiate» des violations des droits de l'homme dans cette région de l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Elle dénonce en particulier les violences sexuelles et le recrutement d'enfants soldats par les parties prenantes au conflit qui sévit de nouveau depuis le mois d'août.

Impunité

En outre, l'institution onusienne insiste très explicitement sur «la responsabilité première du gouvernement (congolais) de fournir tous les efforts pour renforcer la protection des civils et d'enquêter pour conduire les responsables [...] devant la justice». En préambule de la session, Navy Pillay, la haut-commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, avait désigné l'impunité comme un facteur de récurrence de la violence. Enfin, par un amendement de dernière minute, le Conseil requiert, comme il l'avait déjà été fait en mars dernier, que des experts sur des thèmes afférents aux droits de l'homme procèdent à un examen de la situation au Kivu. Leurs rapports devront être examinés lors de la session du Conseil en mars 2009.

Les organisations non gouvernementales n'ont en revanche pas obtenu le rétablissement du mandat de l'expert indépendant du Conseil, supprimé au printemps passé à l'instigation de Kinshasa. Elles ont donc accueilli tièdement la résolution. «Le langage est fort, mais elle ne prend aucune mesure opérationnelle en adéquation avec la gravité de la situation», regrette Julie Gromellon de la Fédération internationale des droits de l'homme. «C'est un pas en avant, mais il est trop peu positif, ajoute Sébastien Gillioz, de Human Rights Watch. Les mécanismes de mise en œuvre de cette résolution font défaut.»