L'exercice s'annonce périlleux. La Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a accepté la demande de l'Ethiopie pour une enquête conjointe portant sur les conséquences humanitaires suite au conflit du Tigré, région du nord du pays, a indiqué mercredi un porte-parole de l'ONU. 

Des habitants du Tigré ont dénoncé auprès des organisations de défense des droits de l'homme et des journalistes, des massacres et des violences sexuelles à grande échelle contre des civils perpétrés par les forces de sécurité dans la région, mais aussi par l'armée érythréen. Des organisations humanitaires ont également affirmé que le système de santé au Tigré a été sérieusement affecté par le conflit et mis en garde contre le risque d'une famine à grande échelle.

«La Haute-Commissaire a répondu lundi de manière positive à la demande de la Commission pour les droits de l'homme éthiopienne (EHRC) pour une enquête conjointe», a dit à l'AFP Jonathan Fowler, chargé de communication au Bureau des droits de l'homme de l'ONU. Un plan est en train d'être mis en place pour permettre le lancement de la mission le plus rapidement possible, a-t-il ajouté. Comment l'impartialité de cette enquête sera-t-elle garantie, l'Ethiopie étant juge et partie?

Faute de mieux

Michelle Bachelet réclamait une enquête internationale. Mais, malgré l'insistance des ONG, le Conseil des droits de l'homme, réuni à Genève jusqu'à la semaine prochaine, n'appuiera pas cette demande. Les pays membres de l'instance n'ont prévu aucune résolution sur la situation au Tigré. Poids lourd du continent africain, l'Ethiopie continue de bénéficier de solides appuis, tout comme elle a jusqu'ici échappé aux condamnations du Conseil de sécurité de l'ONU.

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Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, a lancé début novembre une intervention militaire visant à renverser le parti au pouvoir dans la région, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), dont il a accusé les forces d'avoir attaqué des bases de l'armée fédérale. Il a proclamé la victoire le 28 novembre mais certains des dirigeants du TPLF, que le gouvernement veut tous voir désarmés et emprisonnés, sont en fuite et les combats continuent.

L'accès au Tigré s'est récemment amélioré mais pendant des semaines, un blackout sur les communications et des restrictions de déplacement ont rendu difficile de connaître la situation sur le terrain.